Le syndrome des ovaires polykystiques ou SOPK

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Quelles sont les caractéristiques de ce syndrome

Ce syndrome est issu d’un dérèglement hormonal. Selon les chiffres de l’INSERM une femme sur 10 serait concernée https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/syndrome-ovaires-polykystiques-sopk. Ces dérèglements peuvent provenir d’une anomalie de fonctionnement du cerveau ou des ovaires. Il en résulte une production d’androgènes (principalement la testostérone) anormalement élevés. 

Cette hormone est en principe produite en petite quantité chez les femmes. En excès les androgènes peuvent entrainer différents symptômes liés au SOPK. Par exemple, l’hirsutisme (ou hyper pilosité), la perte de cheveux, l’acné, avec un excès de séborrhée, les dysfonctionnements métaboliques, la dépression, des dérèglements du cycle. C’est aussi par conséquent la première cause d’infertilité chez les femmes. Autant dire qu’il est important de tout faire pour réguler à nouveau les androgènes.

Une appellation non évocatrice

Contrairement à ce que le nom du syndrome évoque, il ne s’agit pas de kystes. Ce sont en réalité des follicules ovariens non sélectionnés pour être fécondés qui ont échappé à l’apoptose c’est-à-dire la mort cellulaire naturelle. Ce phénomène résulte d’un excès hormonal appelé hyper androgénie. Celui-ci empêche la maturation des follicules qui vont ainsi s’amonceler dans les ovaires et entrainer ce que l’on appelle le syndrome des ovaires polykystiques. L’échographie permet de révéler la présence de ce syndrome.

Un syndrome pour la vie

Le SOPK apparait le plus souvent au moment de la puberté. Les symptômes sont très différents selon les femmes. Ils peuvent être relativement ténus comme franchement handicapants. Il est ainsi fréquent de le diagnostiquer lors de difficultés à avoir un enfant. De la puberté à la quarantaine ce SOPK entraine des problèmes d’ovulation et donc de fertilité. Attention cependant dans de nombreux cas les symptômes sont réversibles à l’adolescence. Ils correspondent en effet à un manque de maturité des axes hypothalamo-hypohysaire et ovarien. Il est alors prudent de ne pas se précipiter. Après 40 ans ce seront davantage des problèmes métaboliques qui s’installent. On ne sait actuellement pas le soigner. En revanche il existe des traitements médicaux et moyens naturels permettant la diminution des symptômes.

Les symptômes

Différents signes sont susceptibles d’évoquer un possible SOPK. Les deux principaux symptômes sont des troubles du cycle associés à une hyper-androgénie :

Les troubles du cycle se manifestent soit par des cycles irréguliers ou anormalement longs, au-delà de 35 à 40 jours, soit par une absence totale de règle.

L’hyper-androgénie entraine hyperpilosité, chute de cheveux ou acné.

Autre effet consécutif à l’hyper-androgénie, le syndrome métabolique souvent associé à une résistance à l’insuline et à un diabète de type 2. L’ensemble entrainant un risque accru de pathologies cardio-vasculaires comme l’hypertension https://laurenceguillon-naturo.com/reduire-lhypertension-arterielle-en-ameliorant-votre-hygiene-de-vie/. Les femmes souffrant de surpoids ou d’obésité sont ainsi plus touchées par le SOPK que les femmes minces.

On note également des risques augmentés de fausses couches, d’accouchements prématurés, de diabète gestationnel ou encore des pré-éclampsies. 

Petit rappel physiologique

Pour comprendre les causes de ce dérèglement hormonal, il est utile de revenir sur le dialogue cyclique entre le cerveau et les ovaires et sur le rôle des hormones. Rappelons que les hormones sont des messagers chimiques chargés de stimuler, contrôler et réguler l’ensemble des fonctions de l’organisme. 

Le fonctionnement du cycle menstruel

Il existe à la base du cerveau un complexe dit hypothalamo-hypohysaire. L’hypothalamus synthétise une hormone la GnRH. Celle-ci stimule l’hypophyse afin qu’elle sécrète à son tour deux hormones la FSH (hormone folliculostimulante) et la LH (hormone lutéinisante). La FSH est davantage synthétisée pendant la première partie du cycle appelé phase folliculaire. Elle stimule ainsi la croissance des follicules et leur production d’œstrogène. C’est en effet pendant cette période que les follicules sont recrutés puis sélectionnés. Cette phase aboutit au choix d’un unique follicule dominant destiné à être possiblement fécondé. La LH de son côté a un rôle sur la maturation des follicules. Elle connait un pic vers le 14ème jour du cycle. Ce pic conduit à l’ovulation et à la production de progestérone en vue d’une éventuelle nidation. Cette deuxième période s’appelle la phase lutéale.

Un dialogue constant entre cerveau et ovaires

Les œstrogènes et la progestérone, synthétisées au niveau des ovaires ont des actions régulatrices sur l’axe hypothalamo-hypophysaire. C’est un mécanisme de rétrocontrôle que l’organisme met en place pour réguler les flux hormonaux. 

En début de cycle, le cerveau enregistre que le niveau des œstrogènes est bas. Celui-ci renforce alors la sécrétion des hormones FSH et LH, du 1er au 12ème jour. Ainsi, le niveau des œstrogènes augmente progressivement. Le cerveau analyse cette nouvelle information et freine alors la synthèse de FSH et LH. 

Vers le 12ème jour, le pic d’œstrogène conduit à une augmentation de FSH et un pic de LH. Cette dernière conduit à l’ovulation. 

Arrive la deuxième partie du cycle pendant laquelle la progestérone augmente considérablement. Sous l’effet de cette dernière, le cerveau freine ses sécrétions de FSH et LH. 

Enfin ce taux de progestérone va chuter en fin de cycle s’il n’y a pas de fécondation. Le cerveau va se remettre à fabriquer les hormones FSH et LH pour un nouveau cycle.

Un autre hormone en cause

Indépendamment des œstrogènes et de la progestérone, les ovaires sécrètent aussi en quantités adaptées de la testostérone, sous l’impulsion de la LH. Cette hormone mâle, si tout va bien sera ensuite transformée en œstrogènes par une enzyme appelée aromatase. Mais elle peut aussi être transformée en DHT, androgène très puissant sous l’effet d’une enzyme la 5 alpha réductase. On comprend donc qu’il est nécessaire que le taux de LH soit conforme aux besoins physiologiques du cycle. L’aromatase doit parallèlement effectuer correctement son travail de transformation pour qu’il n’y ait pas un trop plein d’androgènes dans l’organisme. La FSH a un rôle important dans ce phénomène. En effet elle favorise l’action de l’aromatase et participe à la conversion des androgènes en œstrogènes.

Les conséquences possibles d’un dysfonctionnement de ce système

Des dysfonctionnements de ce système ultra précis entraineront des désordres divers. En effet dans les cas de SOPK, on remarque une anomalie dans le rapport entre FSH et LH. Les taux de LH sont anormalement hauts. Le pic de LH du milieu du cycle n’a pas lieu. Il n’y a donc pas d’ovulation. L’excès de LH conduit à une hypersécrétion d’androgènes.

Si l’enzyme aromatase ne remplit pas sa tâche, les androgènes ne sont pas convertis. On observe alors une déficience en œstrogènes. Cette déficience a des retentissements importants sur le métabolisme du glucose et des lipides. Ils induisent des phénomènes inflammatoires, de l’insulino-résistance et des conséquences comme le diabète ou des pathologies cardio-vasculaires. 

Les causes d’un dérèglement hormonal

De multiples facteurs externes peuvent venir enrayer ce système d’une grande précision. Ils sont d’origine génétique pour 10 %. En cas d’antécédents familiaux le risque d’être atteint par ce syndrome est d’environ de 30 %. Les perturbateurs endocriniens sont largement incriminés et surtout leur effet cocktail. Ils se fixent sur les récepteurs hormonaux et miment l’action des hormones ce qui entraine leur inhibition. On pense entre autres aux pesticides, aux additifs, aux solvants et autres produits de synthèse ou encore aux parabènes et différents conservateurs rencontrés dans les produits industriels alimentaires ou domestiques. La résistance à l’insuline peut aussi conduire à un défaut de mécanisme du rétrocontrôle. Une autre hormone la SHBG, protéine de transport de la testostérone, lorsqu’elle diminue entraine l’augmentation de cette dernière.

L’hygiène de vie

La sédentarité, le surpoids et l’alimentation inflammatoire (excès de sucres, laitages et acides gras saturés) ont des incidences sur le SOPK. En effet ils conduisent entre autres à des mécanismes de vieillissement cellulaire prématuré comme la glycation qui fabrique des radicaux libres https://www.doctissimo.fr/html/beaute/soins-du-visage/articles/anti-age/13893-glycation.htm. Le surpoids est un facteur favorisant, surtout l’obésité abdominale qui augmente la résistance à l’insuline et donc accroit la production d’androgènes. Enfin le SOPK entraine fréquemment du stress et par conséquent des perturbations de la sécrétion des hormones surrénaliennes. Ce qui n’est pas fait pour arranger les choses…

L’impact de la thyroïde

La thyroïde est un véritable chef d’orchestre. Elle stimule à elle seule l’ensemble des glandes du système endocrinien. La moindre défaillance de sa part entraine une cascade d’effets secondaires et des répercussions sur les ovaires et les surrénales. Les femmes qui ont des problèmes de thyroïde ont donc davantage de chance d’être atteinte de SOPK. En effet les hormones thyroïdiennes sont largement impliquées dans l’ovulation. En cas d’hypothyroïdie, les surrénales prennent le relais et synthétisent davantage d’androgènes. https://laurenceguillon-naturo.com/lhypothyroidie-cest-quoi/

Que propose la médecine conventionnelle

Les contraceptifs sont souvent proposés, notamment la pilule œstroprogestative. Les œstrogènes freinent la fabrication des androgènes et la progestérone limite la synthèse de LH. Selon les cas, les traitements diffèrent. En cas de diabète on propose des médicaments tels que la Metformine https://laurenceguillon-naturo.com/diabete-et-naturopathie/. En cas d’acné ou d’hirsutisme des traitements symptomatiques. Certaines substances aideront à déclencher l’ovulation, d’autres encore à limiter l’androgénie. 

Quelle prise en charge par la naturopathie

La réforme alimentaire

Sur le long terme. L’approche naturelle propose en premier lieu une réforme alimentaire incontournable. Elle prône une alimentation antioxydante et biologique, riche en fibres, exempte de produits transformés et de perturbateurs endocriniens. Produits sucrés, raffinés, laitiers et gras saturés sont fortement déconseillés. Les viandes rouges doivent être limitées. Attention aux carences alimentaires, vitamines, minéraux et oligo-éléments qui ont une influence sur les hormones.

Il est indispensable de favoriser les aliments riches en oméga-3. Ces derniers contribuent à faire baisser la testostérone et diminuent la résistance à l’insuline. Rappelons qu’ils ont aussi un rôle essentiel dans la prévention des risques cardio-vasculaires, dans la régulation du système nerveux et des vertus anti-inflammatoires. Ils sont donc particulièrement recommandés dans les cas de SOPK.

Pour les femmes en surpoids, la priorité sera bien évidemment de perdre du poids et de mettre en place une alimentation pauvre en glucides. Le naturopathe expliquera notamment l’importance de consommer des aliments à index glycémiques bas https://laurenceguillon-naturo.com/les-prerequis-en-naturopathie-pour-accompagner-la-perte-du-poids/.

L’exercice physique et la gestion du stress

Pour aider à cette perte de poids et diminuer le stress, l’exercice physique et différentes techniques de relaxation sont fortement conseillés comme la cohérence cardiaque https://laurenceguillon-naturo.com/la-coherence-cardiaque/. Selon les symptômes, différentes plantes relaxantes, camomille matricaire, mélisse, passiflore, figuier, tilleul ou encore aubépine peuvent être proposées. En cas de déficit en sérotonine, le griffonia aura toute sa place. La mélatonine, en plus d’induire le sommeil, a un effet hypoglycémiant intéressant en cas de résistance à l’insuline. Elle a aussi une action antioxydante et anti inflammatoire. Elle est donc particulièrement intéressante.

La détoxification de l’organisme

Le naturopathe proposera si cela lui semble approprié de nettoyer l’organisme notamment les organes chargés de l’élimination des déchets accumulés, surtout le foie avec des plantes comme l’artichaut, le radis noir, le chardon-marie ou encore le romarin. A noter que le chardon marie connu pour ses propriétés protectrices du foie est particulièrement intéressant car il diminue aussi la LH et favorise la progestérone.

La détox concernera aussi les perturbateurs endocriniens souvent en cause dans les dérèglements hormonaux avec par exemple de la chlorella, de la coriandre ou de l’ail des ours.

La diminution de l’inflammation

Il sera souvent nécessaire de diminuer l’inflammation et pour cela de s’occuper de l’intestin. Réparer la muqueuse intestinale avec de la glutamine par exemple et réduire une dysbiose à l’aide de probiotiques. La boswellia, grand anti-inflammatoire a un rôle intéressant à jouer https://laurenceguillon-naturo.com/lhyperpermeabilite-intestinale/.

La régulation des hormones

Les objectifs seront de bloquer la production de testostérone, favoriser la synthèse des œstrogènes, contrôler la production de LH ou augmenter la production de SHBG.

Différentes plantes seront intéressantes en raison de leur richesse en phytœstrogènes :

La sauge sclarée favorise l’ovulation. 

Le framboisier sous forme de bourgeons est un grand régulateur du cycle féminin. A ce titre il est très intéressant.

La luzerne, appelée aussi alfalfa cumule à la fois des propriétés phytœstrogéniques, revitalisantes, reminéralisantes, hypercholestérolémiante et antidiabétique.

Le trèfle rouge favorise l’action de l’aromatase et augmente la SHBG.

Le houblon comme le kudzu ont des effets relaxants. Le kudzu freine la transformation de la testostérone en DHT. Il est aussi protecteur du foie et antioxydant.

Les racines d’actée à grappe noire ou cimifuga ont une action anti inflammatoire et de frein sur la LH.

D’autres plantes auront une action sur la progestérone :

Le gattilier est un inhibiteur de la prolactine et de la LH. Il a des effets anti-androgènes.

L’alchémille réduit la pilosité. Elle a un effet régulateur sur les cycles et en cas de déficit d’hormones thyroïdiennes, elle a toute sa place car elle favorise leur production.

En cas d’hypothyroïdie :

Il sera bien sûr utile d’observer si des carences en cofacteurs thyroïdiens existent. Entre autres, la Vitamine D. En effet une carence augmente le risque d’avoir des problèmes de thyroïde de type auto-immun et diminue fortement en cas de SOPK les chances de tomber enceinte. Le magnésium joue un rôle dans la conversion de T4 en T3, principale hormone thyroïdienne active https://laurenceguillon-naturo.com/quid-du-magnesium/.

Le Bacopa Monnieri ou Brahmi est une plante ayurvédique qui favorise aussi la synthèse de T3. Il existe aussi de nombreux compléments alimentaires qui réunissent l’ensemble des cofacteurs utiles à la bonne marche de la thyroïde.

En cas de diabète et de résistance à l’insuline

Lorsqu’il y a un diabète associé au SOPK, la nigelle ou la berbérine pourront être envisagées. Le thé vert, l’olivier, la cannelle auront également toute leur place. Voir article. Le CoQ10 a un effet positif sur la résistance à l’insuline et la glycémie. C’est de plus un grand antioxydant. Voir article. En cas d’hyperinsulinisme le chrome permet de favoriser la régulation de la glycémie.

Et aussi :

Le palmier nain avec ses effets anti-androgènes inhibe la production de DHT et de la 5 alpha réductase.