La NASH, une maladie silencieuse et en pleine progression

La NASH, une maladie silencieuse et en pleine progression

La NASH ou stéatose hépatique non alcoolique est une maladie du foie. On l’appelle aussi maladie du soda, du foie gras ou encore de la malbouffe. Cette pathologie est la conséquence principale d’une accumulation de graisse dans le foie sous formes de triglycérides. Elle est consécutive à une alimentation industrielle, trop riche en gras saturés et en sucres. 

Quelles sont les causes de la stéatose non-alcoolique 

Comme son nom l’indique elle est non alcoolique, c’est à dire qu’elle n’est pas la conséquence d’un seul abus d’alcool. Elle concerne essentiellement des personnes en surpoids ou en obésité qui montrent un syndrome métabolique. C’est-à-dire au moins trois des critères suivants associés, surpoids, diabète de type II https://laurenceguillon-naturo.com/diabete-et-naturopathie/, hypertension artérielle https://laurenceguillon-naturo.com/reduire-lhypertension-arterielle-en-ameliorant-votre-hygiene-de-vie/, hypercholestérolémie https://laurenceguillon-naturo.com/ce-bon-vieux-cholesterol/, hypertriglycéridémie. 

Les enfants sont de plus en plus concernés par la NASH. En cause la malbouffe, les nombreuses erreurs alimentaires et les excès de sucre et de gras trans contenus dans l’alimentation industrielle. On trouve en effet dans l’industrie agro-alimentaire du fructose et du glucose en quantité très importante sous forme de sirop d’agave, de maïs, de riz, de fructose https://laurenceguillon-naturo.com/limpact-du-sucre-sur-lorganisme/… Le sucre apparait dans un nombre élevé d’aliments industriels, soda, jus de fruits, boissons sucrées, confiseries, céréales sucrées, plats préparés. Le sucre est partout, de nombreuses personnes se retrouvent en surpoids à leur insu à force de consommer uniquement une alimentation industrielle.

Petite mise au point

J’entends encore trop de personnes dire que le gras fait grossir. Tous les gras ne sont pas à mettre dans le même panier. Effectivement les mauvais gras dont les gras transformés et les graisses cuites sont à l’origine d’une prise de poids et de graves problèmes de santé. En revanche les bons gras comme les huiles issues de première pression à froid et de qualité biologique sont nécessaires et participent au contraire au métabolisme des graisses. Les huiles d’olive riches en antioxydants et celles riches en oméga-3 comme les huiles de noix, colza, chanvre, cameline ou lin sont indispensables à notre bonne santé en quantité raisonnable bien sûr. Rappelons-nous que notre cerveau et nos parois cellulaires sont faits de gras.

Le sucre en quantité excessive au contraire n’est en aucun cas indispensable à l’organisme. A l’échelle de l’humanité sa consommation est très récente. Nos grands-parents n’en consommaient que le dimanche et lors d’occasions exceptionnelles, en aucun cas il ne s’invitait à table au quotidien. Le sucre une fois dans l’organisme se transforme en graisses et se stocke au niveau abdominal pour former des tissus gras. C’est cette graisse qui est la plus dangereuse.

Le cas du fructose

Le sucre issu des fruits, appelé le fructose n’est pas non plus sans danger. Lorsqu’un fruit est consommé entier et cru, c’est-à-dire avec ses fibres et en quantité modéré, cela n’engendre pas de problème. Par contre, il devient redoutable lorsqu’il est consommé en jus donc sans ses fibres car c’est alors un assaut de sucre qui arrive dans le sang. Le foie lorsqu’il reçoit du fructose doit le transformer en glucose, ce qui lui donne un surcroit de travail. Il est donc nécessaire d’en contrôler sa consommation pour éviter sa conversion en mauvaises graisses et une résistance à l’insuline.

Et c’est surtout au sein de l’industrie agro-alimentaire que le fructose est omniprésent. On le trouve sous forme de sirop d’agave, de maïs ou encore dans le saccharose dans de nombreux produits transformés notamment dans les boissons sucrées.

Quel processus pour que le foie devienne gras

Le foie, lorsqu’il reçoit du glucose, sous forme d’aliments sucrés ou raffinés le transforme en glycogène et le stocke pour le convertir à nouveau en glucose lorsque l’organisme en a besoin, pour un effort physique par exemple. Seulement, lorsque l’apport est excessif et que les réserves ne peuvent accueillir les surplus, il va transformer ce glucose en triglycérides. Celles-ci vont être stockées dans les tissus adipeux et dans les hépatocytes, cellules du foie.

La maladie du foie gras démarre par une stéatose hépatique simple ou NAFLD. Cette affection est caractérisée par une accumulation de graisses dans les cellules du foie et un début de perte des fonctions hépatiques. Cette stéatose peut évoluer vers la NASH si les comportements alimentaires ne sont pas modifiés. Elle entraine alors un état inflammatoire de l’organe. Lorsque l’inflammation devient chronique, elle conduit vers une destruction progressive avec fibrose et formation de tissus cicatriciels. L’ultime stade, après plusieurs années d’inflammation chronique est la cirrhose entrainant une insuffisance hépatique et possiblement un cancer. La maladie reste réversible tant que le stade de la cirrhose n’est pas atteint. Une fois la cirrhose installée, les cellules saines du foie sont détruites, le foie devient fibreux. A ce stade il peut arriver entre autres, une hémorragie digestive, un ictère, un coma ou autres gros ennuis. La transplantation devient alors la seule issue possible.

Des chiffres inquiétants

Le nombre de cas augmente de façon considérable, et ce dans le monde entier en raison de comportements alimentaires inadaptés. Le corps médical parle même de pandémie « NASH, la maladie de la malbouffe » du Docteur Dominique Lannes. Cette maladie toucherait environ 20 % de la population française et un tiers de la population mondiale. En revanche trop peu de gens sont conscient de leur état car la pathologie n’occasionne pas de douleurs et ne montre pas de symptômes sauf lorsque la maladie est à un stade avancé. Ceci en fait une maladie silencieuse et redoutable car son issue est mortelle. Les hommes sont deux fois plus concernés que les femmes. 

Comment diagnostique-t-on la NASH

Comme nous l’avons vu ci-dessus il n’y a pas de symptômes ni de douleurs. Certains signes doivent inciter à faire des analyses médicales. Celles-ci lorsqu’elles indiquent un excès de triglycérides, des gamma GT ou des transaminases élevées (ASAT/ALAT) doivent alarmer. Les personnes obèses ou en surpoids, les diabétiques, les hypertendus, les personnes qui ont un syndrome métabolique doivent également être vigilantes et surveiller régulièrement leurs analyses. Et enfin d’autres signes peuvent alerter comme l’apnée du sommeil, les maux de tête, une baisse d’appétit, des troubles digestifs associés à des nausées ou encore une consommation excessive d’alcool. 

En général on propose une échographie ou une IRM. Dans certains cas bien particuliers, une biopsie du foie peut être proposée, mais c’est un examen invasif qui comporte malgré tout un certain nombre de risques.

Le site https://www.mdcalc.com/fatty-liver-index, propose un index, le PLI, permettant d’évaluer des seuils de vraisemblance, variant entre 1 et 100. Un score FLI égal ou supérieur à 60 indique une vraisemblance de la pathologie. L’IMC, le tour de taille, les taux de triglycérides et de gamma GT sont pris en compte dans le calcul du score.

Que faire pour prévenir ou prendre en charge la NASH

Diminuer fortement l’apport de glucides et de graisses saturées. Privilégier les aliments à index glycémiques bas et modérés et supprimer les aliments à index glycémique élevés de façon à diminuer la résistance à l’insuline. 

Les phénomènes inflammatoires entrainant une forte oxydation, il sera essentiel de privilégier un apport conséquent d’antioxydants en privilégiant les légumes et les fruits frais de saison. Le foie et les intestins étant un vrai couple, l’inflammation va de surcroit toucher également l’intestin dans le cas d’une NASH. On observe d’ailleurs la plupart du temps chez les personnes atteintes de NASH une perméabilité intestinale. On procédera donc à la réparation de la muqueuse intestinale devenue perméable, en resserrant les jonctions serrées avec par exemple de la glutamine, de la réglisse, de la mélisse ou du curcuma. Et au passage on repeuplera la flore intestinale en conseillant des probiotiques adaptées https://laurenceguillon-naturo.com/lhyperpermeabilite-intestinale/.

Et bien évidemment on protégera le foie et on activera les fonctions hépatiques.

Les oméga-3

Ils sont indispensables dans les cas de NASH. Ils permettent de réduire l’inflammation, les lésions et la sensibilité à l’insuline. On les trouvera sous forme d’huile de colza, chanvre, cameline ou noix, de petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, rougets, anchois) consommés avec leurs huiles. Si l’alimentation est trop carencée en oméga-3, il existe des compléments alimentaires efficaces sous forme de capsules d’huile de poisson ou de krill par exemple.

Les antioxydants

Vous les trouverez dans les légumes colorés et les fruits (resvératrol, quercétine, anthocyanes…), et si besoin dans les compléments alimentaires. Les principaux antioxydants sont les vitamines C, E et béta carotène, zinc, sélénium, manganèse, l’acide alpha-lipoïque ou encore le coenzyme Q10.

Le curcuma

Il est anti-inflammatoire, immunomodulateur et contribue à la détox hépatique. Attention le curcuma est un fluidifiant. Il ne peut donc pas être associé à un anticoagulant et il est déconseillé en cas d’obstruction des voies biliaires.

Le chrome

C’est un oligo-élément essentiel qui joue un rôle important dans le métabolisme des glucides et de l’insuline.

La berbérine

Elle a des effets hypoglycémiants. Elle diminue la résistance à l’insuline et montre des bénéfices dans le syndrome métabolique en général.

Les plantes hépatiques

Différentes plantes vont apporter leur aide dans la détox hépatique, comme par exemple le desmodium, le chardon-marie, le chrysantellum americanum, l’artichaut ou encore le romarin. Une bouillotte chaude placée à l’endroit du foie l’aidera dans ses fonctions de détoxication.

L’hygiène de vie

Enfin, il sera indispensable de reprendre une activité physique régulière et adaptée et d’apprendre à gérer son stress et ses émotions, surtout si elles mènent à des comportements alimentaires compensatoires et compulsifs.

Faire son marché, cuisiner des produits frais de saison et si possible de qualité biologique. Écarter les aliments préparés issus de l’industrie agro-alimentaire. Adopter de nouvelles règles d’hygiène de vie saine et redevenir acteur de sa santé.