Les prérequis en naturopathie pour accompagner la perte du poids

Les prérequis en naturopathie pour accompagner la perte du poids

Les études scientifiques montrent un taux d’échec de près de 90 % sur les régimes amaigrissants. On peut légitimement se demander pourquoi. En réalité il existe de nombreuses causes à ces échecs. Le rôle du naturopathe va être, avant de donner des conseils en hygiène de vie, d’identifier en premier lieu les facteurs responsables d’une prise de poids. C’est seulement une fois que ces facteurs seront identifiés et traités, que le Naturopathe pourra conseiller une réforme alimentaire. Cela renforcera un processus de perte de poids durable. La Naturopathie prend ici tout son sens et démontre un de ses fondements, le causalisme.

L’IMC

Le Naturopathe devra tout d’abord calculer l’IMC ou Indice de Masse Corporelle de son consultant. Il s’agit d’une classification utile pour identifier les problèmes de poids, allant de la dénutrition à l’obésité morbide. Il faudra toutes fois être prudent car l’IMC ne fait pas la différence entre le muscle et la graisse.

L’inflammation

Il y aura lieu ensuite de traiter l’inflammation. En effet, toute personne en surpoids montre un terrain inflammatoire. Ce terrain peut être un frein à la perte de poids. De plus, l’inflammation est à l’origine de la maladie. Ainsi une personne en surpoids risque de développer différentes pathologies. Maladies cardio-vasculaires ou rhumatismales, pancréatites, maladies du foie, diabète, hypertension, lithiases biliaires, apnées du sommeil, cancers ou encore dépression.

Le tissu adipeux

Le tissu adipeux est un lieu d’inflammation au sein duquel s’accumulent les macrophages. Lorsque l’individu est mince, il s’agit de macrophages appelés M2. Ils ont la particularité d’être anti-inflammatoires et d’améliorer la résistance à l’insuline. Par contre lorsque l’individu est en surpoids, les macrophages sont de type M1. Ceux-ci sont pro-inflammatoires et créent de l’insulino-résistance. En conséquence, plus il y aura de masse grasse, plus il y aura de macrophages M1 et donc de l’inflammation et de l’insulino-résistance.

Les conséquences de l’inflammation

L’inflammation aura également des conséquences sur le comportement de l’individu. Elle se répercute en effet à tous les niveaux de l’organisme, dont le cerveau. Elle va ainsi créer une neuro-inflammation. Celle-ci aura pour conséquence une baisse de la concentration sanguine en tryptophane et une déviation de la sérotonine (le tryptophane étant le précurseur de la sérotonine). Les personnes en manque de sérotonine ont tendance à abuser des sucres rapides. Ils font preuve d’irritabilité, de démotivation et autres troubles cognitifs. L’inflammation sera donc au cœur du traitement.

Les causes multifactorielles

Le naturopathe identifiera les facteurs multiples à l’origine de la prise de poids. En effet, l’alimentation est souvent à l’origine d’un surpoids. Ceci dit, elle n’est pas la seule incriminée. Différents facteurs sont en cause dans le surpoids ou l’obésité. Sédentarité, mauvais sommeil, stress chronique, problème hormonal, dysbiose intestinale, hérédité, comportements alimentaires compulsifs, infection, inflammation, statut social ou encore environnement peuvent être initiateurs d’une prise pondérale.

Le déficit en micronutriments

Une alimentation saine apporte à l’organisme les micronutriments nécessaires au bon métabolisme, à la défense des radicaux libres et la dégradation des acides gras. Un déséquilibre en vitamines (notamment les vitamines B6, B9 et B12), minéraux ou antioxydants est par conséquent susceptible d’être à l’origine de l’échec d’un régime ou d’un surpoids. De même, un régime hypocalorique risque d’entrainer des carences en vitamines, minéraux et antioxydants. Un régime hyper-protéiné conduira à l’acidose. Un régime trop strict amènera à des accès de boulimie et pulsions sucrées par manque de sérotonine. Enfin un régime carencé en oméga-3 ne fonctionnera pas.

Évaluer l’alimentation

Le naturopathe va donc au cours de son anamnèse, évaluer précisément si la consommation de légumes riches en vitamines et antioxydants est suffisante. Il estimera si la consommation de poisson et de bonnes huiles couvre les besoins en oméga-3. Si celle des coquillages et fruits de mer couvre les besoins en iode. Il va déterminer si la quantité de viande est juste. En effet trop de viande entraine un terrain acide et potentiellement un excès de fer qui devient alors oxydant. En revanche trop peu de viande conduit à des carences en vitamines B12 et en fer. La carence en fer entraine une diminution de dopamine (baisse de volonté) et de sérotonine (risque de boulimie). Si le consultant consomme des produits laitiers en excès, une perméabilité intestinale et une intolérance au lactose sont possibles. Trop de sucres entrainera des comportements addictifs et compulsifs ainsi qu’une baisse d’immunité https://laurenceguillon-naturo.com/limpact-du-sucre-sur-lorganisme/. Enfin, un terrain acidifié orientera vers une inflammation et un déficit en minéraux.

Focus sur les oméga-3

La qualité des matières grasses utilisées est déterminante. Trop de gras saturés, au dépend des oméga-3, conduit à l’inflammation, au risque de maladies cardio-vasculaires et au surpoids. L’alimentation industrielle créée un déséquilibre entre les oméga-6 et les oméga-3. Elle est en effet trop riche en oméga-6, pro-inflammatoires et carencée en oméga-3 anti-inflammatoires, favorisant ainsi le surpoids. Il est indispensable, si l’on souhaite perdre du poids, d’ajouter à son alimentation quotidienne des oméga-3. On trouve les oméga-3 dans les petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs) et les huiles de noix, cameline, colza ou chanvre. Ces derniers stimulent la lipolyse, c’est-à-dire la destruction des graisses. Les oméga-3 contribueront ainsi à transformer les macrophages M1 en M2. Ils auront également un impact intéressant sur la perméabilité intestinale et sur les phénomènes de régulation du poids perturbés en cas d’obésité (voir ci-dessous).

L’équilibre hormonal

Le naturopathe devra s’assurer que les hormones thyroïdiennes fonctionnent bien. En effet, elles sont indispensables au métabolisme des graisses. Là aussi l’anamnèse est incontournable. Un déficit en hormone thyroïdienne T3 et T4 et une TSH élevée entraineront des difficultés à gérer son poids. Plusieurs causes sont possibles. Un déficit en cofacteurs (zinc, sélénium, tyrosine, iode, fer, vitamine D…). Le stress chronique, en effet celui-ci entraine une fatigue des surrénales et une mise au repos de l’organisme. Enfin un dysfonctionnement hépatique, lieu où se passe la conversion de T4 en T3, conduit à l’hypothyroïdie. https://laurenceguillon-naturo.com/lhypothyroidie-cest-quoi/.

L’hyperperméabilité et la dysbiose intestinale

Comme nous l’avons vu ci-dessus les personnes en surpoids ou obèses ont un terrain inflammatoire. La muqueuse de l’intestin devient perméable, lorsque les jonctions serrées des cellules intestinales ne remplissent plus leur rôle de filtre. Les éléments indésirables, toxiques, virus, bactéries pathogènes ou grosses molécules alimentaires passent alors la barrière intestinale. Elles s’engouffrent dans la circulation sanguine, créant ainsi de l’inflammation. Cette inflammation se répercute un peu partout dans l’organisme, créant ainsi les pathologies à distance, énumérées ci-dessus.https://laurenceguillon-naturo.com/lhyperpermeabilite-intestinale/ L’ inflammation, associée à une muqueuse intestinale endommagée et à un métabolisme altéré des glucides et des lipides, entraine une dysbiose. On a en effet remarqué qu’il y avait des différences de microbiote entre les personnes minces et en surpoids. La flore est ainsi appauvrie chez l’individu obèse.

Le phénomène de régulation du poids

La leptine, hormone de la satiété est secrétée par différents tissus de l’organisme. Elle possède plusieurs fonctions dont celle de contrôler la sensation de satiété. Chez une personne mince, elle contribue à la perte de poids en favorisant la destruction des graisses (lipolyse). Elle limite ainsi la lipogenèse (stockage des graisses). La Leptine régule l’appétit et favorise le rassasiement. Elle privilégie l’absorption intestinale des protéines au dépend des lipides, augmente la dépense énergétique et la température corporelle. Enfin, elle contribue à diminuer l’insulino-résistance et la glycémie et favorise l’activité physique. Chez une personne en surpoids, l’inflammation engendre une résistance à la leptine. Les effets vont donc être inversés. Le naturopathe proposera différents conseils pour remettre en route le bon fonctionnement de la leptine.

Se préoccuper du stress

Le stress est un des facteurs important du surpoids. En effet, lorsqu’il devient chronique, il augmente la synthèse du cortisol, hormone hyperglycémiante. Il provoque de fait un épuisement des surrénales. Le cortisol en excès stimule le neuropeptide Y. Celui-ci favorise le stockage des graisses en réduisant la sensibilité à l’insuline et en augmentant l’appétit. Il s’agit fréquemment d’aliments associés au plaisir comme le sucre, l’alcool ou le gras. L’excès de stress favorise la perte musculaire et la prise de masse grasse. Il contribue au dérèglement de la sérotonine, hormone à l’origine de la joie de vivre et de la régulation veille/sommeil. Une personne en surpoids et dépressive augmentera donc considérablement sa ration calorique. Le naturopathe devra de fait identifier l’intensité du stress. Si le consultant est en dépression il conviendra en premier lieu d’améliorer cette situation avant de commencer tout régime. Le stress et/ou la prise de médicaments empêchant toute perte de poids https://laurenceguillon-naturo.com/le-stress-et-ses-repercussions-sur-lorganisme/.

Éviter la sédentarité

L’inactivité physique contribue à la prise de poids. Il est maintenant largement prouvé qu’un exercice physique adapté et régulier est indispensable pour maintenir un organisme en bonne santé. L’activité physique favorise une perte de poids durable et évite la reprise de poids. Elle participe à la régulation de la leptine. Elle contribue à diminuer le risque de maladies cardio-vasculaires et montre des conséquences positives sur le système nerveux. Le naturopathe s’attachera par conséquent à persuader son consultant de la nécessité de pratiquer une activité sportive régulière pour accompagner favorablement la perte de poids.

S’intéresser à la qualité du sommeil

La durée et la qualité du sommeil sont essentiels pour éviter le surpoids. En effet, un sommeil non réparateur entrainera une perturbation du cycle du cortisol, une résistance à l’insuline et une augmentation du tissu adipeux. La lipolyse ou destruction des graisses a lieu essentiellement pendant le sommeil. Il sera par conséquent indispensable de régler les problèmes de sommeil pour éviter des répercussions sur le métabolisme.

Déterminer le type d’obésité

Le naturopathe s’attachera enfin à identifier le type d’obésité de son consultant. Il existe trois types d’obésité, l’obésité gynoïde, androïde et mixte. L’obésité de type gynoïde, adiposité sous-cutanée, localisée au niveau de la partie basse du corps signifie un défaut de lipolyse (destruction des graisses). L’obésité de type androïde, adiposité viscérale localisée au niveau abdominal correspond à un excès de lipogenèse (stockage des graisses).  Enfin, l’obésité mixte est l’association des deux. La lipolyse est la dégradation des lipides conduisant à la libération d’acides gras. La lipogenèse permet la synthèse des acides gras et le stockage dans les adipocytes (cellules de stockage des graisses).

L’obésité gynoïde

Elle se caractérise par de la cellulite infiltrée, localisée soit au niveau de la culotte de cheval, soit sur l’ensemble des jambes ou botte veineuse. L’adipocyte (cellule graisseuse) peut dans ce cas atteindre 27 fois son volume initial. On parle alors de lipodystrophie. Celle-ci conduit à un épaississement du tissu adipeux, à la compression des vaisseaux sanguins, à de la rétention d’eau et à une accumulation de déchets entrainant une cellulite fibreuse. C’est ce que l’on appelle en langage populaire la peau d’orange. 

L’obésité androïde

Elle correspond à un défaut d’œstrogènes et est localisée au niveau abdominal. Là aussi, les causes peuvent être différentes. Cela peut être le stress, lié à la digestion ou dans le cas des hommes une obésité androïde. Dans le cas d’une obésité de type nerveux, il faudra s’attacher à gérer le stress et à complémenter en nutriments manquants en raison de l’excès de cortisol. Si l’obésité comporte une origine digestive, il faudra en comprendre la cause, restaurer la muqueuse intestinale, repeupler la flore intestinale et évaluer le niveau des œstrogènes.

Chez l’homme, différents facteurs sont potentiellement à l’origine de cette obésité localisée sur le ventre, la sédentarité, un syndrome métabolique ou encore une insulinorésistance.

Pratiquer une activité sportive régulière contribuera à réduire cet embonpoint si l’origine est la sédentarité. 

Les différents facteurs à l’origine de la cellulite

Différents facteurs peuvent être à l’origine de la cellulite. cela peut être l’hyperœstrogénie, la rétention d’eau, l’insuffisance veineuse, l’obésité, des intolérances alimentaires, l’augmentation de tissu conjonctif fibreux ou la perturbation des récepteurs alpha 2 adrénergiques. La cellulite adipeuse résulte d’un excès de graisse, elle est localisée au niveau des hanches et des cuisses. Elle est de texture molle et n’est pas douloureuse au toucher. La cellulite infiltrée est souvent associée aux jambes lourdes, à la rétention d’eau et à la fragilité capillaire. Elle résulte souvent d’une intolérance aux protéines du lait et du blé. Enfin, la cellulite fibreuse est de type incrusté. C’est une cellulite dure et douloureuse au toucher. Il sera nécessaire d’évaluer le type de cellulite et d’identifier la cause afin d’adapter le traitement.

Adapter le traitement à la cause

Par exemple, en cas d’hyperœstrogénie, il conviendra de s’adapter à la situation du consultant. Le thérapeute tiendra compte d’une prise de pilule ou autre traitement hormonal, du terrain et d’antécédents potentiels de cancers hormonodépendants. Si la personne est obèse, le but sera de bloquer l’hyperœstrogénie. Dans les situations d’intolérances alimentaires, le naturopathe conseillera de supprimer les aliments en question, de réparer la muqueuse intestinale et de repeupler la flore. En cas de rétention d’eau, il proposera de drainer l’organisme avec des plantes diurétiques. Si la cellulite est de nature fibreuse, il conseillera des enzymes facilitant la digestion des protéines, leur mauvaise absorption étant à l’origine de la fibrose.

Le syndrôme métabolique

Pour déterminer un syndrome métabolique, le consultant doit réunir au moins trois symptômes associés parmi l’hypertension artérielle, l’hypercholestérolémie, l’hypertriglycéridémie, l’excès de poids, l’hyperglycémie et l’hyperinsulinémie. Le syndrome métabolique est à l’origine de nombreuses pathologies comme le diabète de type II, les maladies cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle, la NASH ou maladie du foie gras ou encore l’apnée du sommeil. Le naturopathe engagera son consultant à reprendre une acticité physique régulière et adaptée. Il l’aidera à entreprendre une réforme alimentaire et accompagnera la perte de poids avec différents compléments adaptés aux besoins spécifiques de la personne et à son niveau de stress.

Protéger le foie

Le thérapeute sera attentif à protéger le foie dont la charge de travail va être importante. En effet, en cas de perte de poids rapide les tissus adipeux relarguent de nombreuses toxines qui vont être détoxiquées puis éliminées par le foie. Il sera tenu également de limiter l’apparition d’effets secondaires à une perte de poids rapide comme par exemple les migraines, les nausées ou encore les maux de tête.

Accompagner et soutenir toutes les phases d’amaigrissement

Enfin il accompagnera la personne pendant les différentes phases de l’amaigrissement en tenant compte des modifications de son métabolisme. En effet, après une phase d’amaigrissement rapide, on note souvent un ralentissement de la perte de poids, lors de la phase progressive. C’est à ce moment souvent compliqué à vivre et décourageant, que le naturopathe va aider son consultant à relancer son métabolisme à l’aide de différents compléments. Ainsi le consultant se sentira soutenu dans sa perte de poids et évitera les risques de compulsions alimentaires. La dernière phase, dite de stabilisation sera essentielle et devra également être soutenue. Un suivi thérapeutique est parfois conseillé, lorsque, à l’origine du surpoids il y a des émotions mal gérées qui induisent des compulsions alimentaires.

L’insulinorésistance

Un défaut de fonctionnement de la mitochondrie, centrale énergétique de la cellule, pourrait être impliqué dans les mécanismes d’utilisation du glucose et des lipides. Une protéine enzymatique, la sirtuine 1, contribue en effet, au fonctionnement de la mitochondrie. Si la sirtuine 1 fait défaut, le métabolisme sera ralenti, le glucose hépatique augmentera et favorisera l’hyperglycémie. A l’opposé, une augmentation de sirtuine1 diminue le stockage des graisses, réduit l’inflammation et augmente la lipolyse ainsi que la sensibilité à l’insuline. La restriction calorique et le jeûne activent sirtuine 1. Le naturopathe proposera par conséquent une action combinée d’activité physique, de diminution calorique et d’antioxydant. L’ensemble augmentera la quantité de sirtuine1 et la sensibilité à l’insuline.

En conclusion

On comprend bien qu’une perte de poids ne se fait pas à la légère. De nombreux paramètres rentrent en ligne de compte, comme nous l’avons vu ci-dessus. Il est nécessaire de se faire accompagner par un praticien compétent qui prendra le temps de comprendre les différents facteurs qui ont amenés à l’obésité et au surpoids. Il mettra en place une stratégie adaptée à la problématique de son consultant et l’accompagnera pendant toutes les phases de sa perte de poids. L’alimentation, l’exercice physique et la gestion du stress seront ses priorités.