Les neurotransmetteurs à l’origine de notre bien-être

Qu’est-ce qu’un neurotransmetteur ?

C’est une molécule chimique chargée de transmettre une information au moyen d’un influx nerveux d’un neurone à un autre. Le cerveau communique ainsi avec l’ensemble du corps au travers de stimulations ou influx nerveux. On les appelle aussi des neuromédiateurs. 

Il existe environ une soixantaine de neurotransmetteurs. Nous allons détailler ci-dessous certains neurotransmetteurs et comprendre à quel point leur équilibre est indispensable à une bonne santé physiologique et psychique. En effet, ces neurotransmetteurs sont responsables de nos émotions, sensations, pensées, régulations ou encore commandes de mouvements.

Comment fonctionne un neurone

Un neurone est donc une cellule spécialisée du système nerveux. Trois grandes parties le composent. Un corps cellulaire contenant un noyau avec le matériel génétique, un axone véhiculant l’influx nerveux et des dendrites reliant les neurones entre eux. Les neurones ne se touchent pas et l’espace entre deux neurones est appelé synapse. 

A l’intérieur de l’axone se trouvent des neurotransmetteurs, qui vont permettre la communication des neurones entre eux. 

Les neurotransmetteurs sont stockés dans des vésicules au sein des neurones et libérés lors des stimulations électrochimiques. Ils sont relâchés par un neurone dit présynaptique et vont se fixer sur le récepteur d’un autre neurone appelé post-synaptique. 

Pour notre bien-être physique et mental, il est essentiel que la circulation de ces neuromédiateurs se passe bien. En effet en cas d’excès ou d’insuffisance de récepteurs, les messages ne seront pas ou mal transmis. Selon la nature des récepteurs, cela conduira à une excitation ou à une inhibition. On parlera donc de neurotransmetteurs excitateurs ou inhibiteurs. 

Les différentes familles de neurotransmetteurs

    • Les acides aminés, unités élémentaires des protéines comme l’acide glutamique, l’acide aspartique ou la glycine.

    • Les monoamines, neurotransmetteurs synthétisés à partir d’un acide aminé. Dans cette catégorie on trouve les catécholamines issues de la tyrosine (dopamine, noradrénaline et adrénaline). La sérotonine dérivée du tryptophane. Le GABA fabriqué à partir de l’acide glutamique. L’histamine qui provient de l’histidine.

    • Les endorphines. Ce sont des substances moléculaire similaires aux opiacées

    • Et d’autres substances variées comme l’acétylcholine, l’adénosine … 

La dopamine

Sa synthèse a lieu essentiellement le matin à partir de la phénylalanine. Cet acide aminé essentiel se transforme d’abord en tyrosine puis en dopamine. Au cours de la journée la dopamine se transformera ensuite en noradrénaline, utile pour la vigilance, le fonctionnement cérébral et cognitif.

C’est le principal neurotransmetteur impliqué dans ce que l’on appelle le circuit de la récompense. C’est donc grâce à la dopamine que nous avons cette capacité à ressentir le plaisir. Mais aussi la satisfaction, l’énergie la mise en action et la motivation. Elle va nous permettre d’entreprendre, de nous adapter. Elle va nous stimuler intellectuellement et physiquement. C’est donc un neuromédiateur excitateur. 

Un bon statut en dopamine amènera à être alerte, avoir un bon esprit d’initiative, prendre des décisions, être de bonne humeur et posséder une belle libido.

Au contraire, trop de dopamine conduira à de l’impulsivité voire de l’agressivité.

Alors qu’un déficit entraînera un fonctionnement au ralenti, des dépressions d’origine anergique avec fatigue chronique, baisse de libido ou encore une surconsommation de café, d’aliments riches en acides gras saturés et sucres raffinés. Fausse bonne idée puisque l’énergie fournie sera de courte durée et aura sur le long terme des conséquences fâcheuses. Palpitations, surpoids, diabète de type 2… La maladie de Parkinson est liée à un manque de dopamine.

Comment équilibrer son taux de dopamine

On va pouvoir équilibrer un manque de dopamine en accentuant la consommation d’aliments bien pourvus en tyrosine et en phénylalanine. Les sources les plus intéressantes sont les protéines (viandes, volailles, œufs) le cottage cheese, les germes de blé, les céréales, le chocolat noir. Mais aussi les avocats, betteraves, choux, amandes, sésame, curcuma… Consommés le matin, ces aliments entraineront une meilleure synthèse de la dopamine. C’est pourquoi je recommande un petit déjeuner protéiné.

Pour son assimilation, la dopamine aura besoin de cofacteurs comme les vitamines du groupe B et le magnésium. Les mitochondries devront être également fonctionnelles et le statut en oméga-3 bien équilibré pour l’impact sur la fluidité membranaire et donc les échanges.

Des supplémentations en tyrosine et phénylalanine seront également une aide intéressante. En phytothérapie on proposera des plantes comme le mucuna pruriens, la rhodiole, le ginseng, le gingko biloba ou encore le guarana.

La dopamine et le circuit de la récompense

Il existe dans notre cerveau un système appelé le circuit de la récompense. Ce système a pour rôle de maintenir notre équilibre notamment dans des activités comme manger ou dormir. Lorsque ce système s’active, il y a libération de dopamine. Comme nous l’avons vu ci-dessus la dopamine est le messager chimique du plaisir.  Imaginons que vous déguster un bon gâteau, votre cerveau va mémoriser les sensations de plaisir liées à ce gâteau. Ainsi à chaque fois que vous verrez à nouveau ce gâteau les mêmes mécanismes se mettront en place et vous aurez envie d’en consommer à nouveau. Heureusement on peut court-circuiter ce circuit car il n’y a pas que la nourriture à l’origine de la production de dopamine. 

Vous pourrez augmenter le taux de dopamine dans votre corps grâce :

    • Aux activités créatrices

    • La pratique du sport. 

    • L’écoute de la musique

    • Un sommeil de qualité

    • La douche écossaise

    • Les câlins et l’amour

    • La méditation

    • L’exposition

    • Le ronronnement de votre chat

La sérotonine

Sa synthèse a lieu dans l’après-midi à partir d’un acide aminé le tryptophane. Quand à sa transformation en mélatonine, hormone du sommeil elle a lieu en fin de journée. Une petite partie de la sérotonine est produite dans le cerveau. En revanche, 95 % de sa production s’effectue dans les intestins. D’où l’importance d’avoir des intestins en bon état sous peine d’un déficit en sérotonine Améliorer la qualité de la muqueuse intestinale améliorera de fait le statut en sérotonine. 

On l’appelle dans le langage populaire l’hormone du bonheur ou de la joie de vivre. Elle est à l’origine de la régulation veille/sommeil, de l’humeur et du comportement alimentaire. C’est un neuromédiateur inhibiteur. 

Un organisme équilibré en sérotonine montre un individu naturellement optimiste. Celui-ci prend du plaisir dans ce qu’il fait, fait preuve d’un sens pratique et ne rate jamais une occasion de profiter de la vie.

L’importance de l’équilibre en sérotonine

Trop de sérotonine entraînera de la nervosité, un manque de confiance en soi, de la vulnérabilité et un sentiment d’infériorité. 

En outre, en cas de déficit de sérotonine, on observera des comportements alimentaires compulsifs, des problèmes de sommeil ou des symptômes dépressifs. On notera alors absence de plaisir, addictions, irritabilité, anxiété, troubles de l’humeur …

Dans les pathologies liées à la sérotonine, on note souvent une déconnection entre le corps et le mental qui peut affecter la concentration, la mémoire, l’état physiologique et psychique.

Comment équilibrer ce neurotransmetteur par l’alimentation

Pour compenser le déficit en sérotonine, il est conseiller de consommer des aliments riches en tryptophane, avocat, fromages, parmesan, ricotta et cottage cheese. Des aliments riches en oméga-3, chocolat, les protéines (œufs, viandes, poissons gras). Mais aussi les céréales complètes, les germes de blé, les dattes, les bananes… 

Les glucides complexes favorisent l’assimilation du tryptophane, par exemple les céréales complètes et les légumes secs. Attention, au contraire, les sucres rapides entrainent sa dégradation. Il faut donc éviter les sucres raffinées, sodas, friandises …

Quels compléments alimentaires sont nécessaires en cas de déficit en sérotonine

Le magnésium, le fer ou le cuivre et les vitamines du groupe B sont des cofacteurs essentiels à sa synthèse. Tout comme la dopamine les omégas-3 favoriseront la souplesse des membranes cellulaires et donc la fixation sur les récepteurs. Enfin un bon taux en vitamine D est nécessaire pour son rôle clé dans la synthèse de la sérotonine.

Tryptophane ou 5-http ?

Il est possible de conseiller des compléments en cas de grosses carences. Pour cela il est important de comprendre que le tryptophane est le précurseur du 5-http qui à son tour se transformera en sérotonine. Quelle est donc la meilleure molécule à conseiller en cas de carence ? Tout dépendra du terrain du consultant. Il y a des avantages et des inconvénients pour chacune des molécules. Le naturopathe conseillera en fonction des données recueillies au cours de l’anamnèse.

La transformation du tryptophane en 5-http est assez lente. Par ailleurs le tryptophane rentre en compétition avec la production d’autres molécules et ne passe pas la barrière hémato-méningée. Le tryptophane est bien supporté au niveau gastro-intestinal.

Le 5-http sera plus intéressant en cas de compulsions alimentaires pour son effet coupe-faim. Il ne rentre pas en compétition avec d’autres substances et il permet une production de sérotonine dans le cerveau car il passe la barrière hémato-méningée. En revanche il peut occasionner des troubles gastro-intestinaux.

On trouve du 5-http dans le griffonia. 

Quelles plantes pour pallier un déficit de sérotonine ?

La Rhodiole favorise le transport des précurseurs de la sérotonine. 

Le millepertuis et le safran inhibent la recapture de la sérotonine. 

Que propose la médecine conventionnelle?

En médecine conventionnelle on propose souvent des antidépresseurs qui sont des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine au niveau des synapses. Ces derniers agissent aussi sur la noradrénaline dont nous parlerons plus bas. 

La première précaution avant une prescription d’antidépresseurs serait de s’assurer que c’est bien la sérotonine qui est en déficit et pas un autre neurotransmetteur comme la dopamine ou le GABA. Il existe pour cela des tests qui permettent d’identifier quels sont les neurotransmetteurs en déficit. On retrouvera par exemple un manque de motivation et de plaisir dans une carence en dopamine et une anxiété réactionnelle dans un déficit en GABA. En tout état de cause, ne jamais donner du 5-http ou du L-Tryptophane à une personne sous antidépresseurs sous peine de l’amener à un syndrome sérotoninergique, ou surdosage en sérotonine.

Le GABA

Le GABA ou acide gamma-aminobutyrique possède un effet inhibiteur sur le système nerveux, le calme, le contrôle et la stabilité en sont les caractères dominants. Le précurseur du GABA est la glutamine, substance synthétisée dans le pancréas et le cerveau à partir d’un autre acide aminé le glutamate. La fabrication du GABA a lieu dans le pancréas et dans le cerveau. Ne pouvant passer la barrière hématoencéphalique, il doit être fabriqué dans ces deux parties de l’organisme. 

Trop de GABA entraînera de la dépendance affective. Alors qu’une carence conduira à des états de panique avec des manifestations d’anxiété, des palpitations, de la nervosité, pouvant aller jusqu’à de l’hypertension ou des convulsions.

Une bonne régulation de GABA entraine un individu calme, détendu et pondéré. Associé à un bon sens de l’organisation et une confiance en soi. Il gère bien ses émotions et cultive l’état de bien-être.

Comment équilibrer son GABA par l’alimentation ?

De nombreuses personnes en manque de GABA se dirigent vers des consommations d’alcool ou de drogues pour pallier l’état anxieux. Il est bien évidemment préférable de se tourner vers des aliments riches en GABA, amandes, bananes, céréales complètes, brocolis, lentilles, noix, abats, agrumes, pommes de terre, châtaigne, œufs, épinards…

Comment combler un déficit de GABA par des compléments alimentaires ?

Une supplémentation en glutamine peut donc être préconisée. Celle-ci joue sur la perméabilité intestinale. On observe fréquemment un stress associé. C’est pourquoi le manque de GABA entraîne souvent des problèmes intestinaux. Le magnésium, le manganèse et la vitamine B6 participeront à la transformation de la glutamine en GABA. La mélatonine stimulera les récepteurs du GABA. 

Et du côté de la phytothérapie ?

La passiflore et la valériane apporteront le calme souhaité. La mélisse permettra une augmentation du GABA au niveau cérébral.

Que propose la médecine conventionnelle.

Les benzodiazépines ou anxiolytiques sont le plus souvent proposés en cas de déficit en GABA. Ces molécules induisent souvent un effet sédatif et potentiellement une somnolence et un manque de vigilance. 

L’acétylcholine

L’acétylcholine est fabriquée à partir d’un phospholipide la choline. La créativité et l’ensemble des fonctions cognitives sont les caractères dominants de ce neurotransmetteur excitateur.

Trop d’acétylcholine peut conduire à un état de paranoïa ou de repli sur soi. Un déficit affecte les capacités sensorielles, la mémoire, la concentration et l’apprentissage. On a remarqué chez les malades d’Alzheimer des quantités réduites d’acétylcholine.

Un individu bien équilibré en acétylcholine sera créatif, inventif, aura de bonnes capacités de mémoire et concentration, il sera enthousiaste à l‘idée d’apprendre et bienveillant.

Comment équilibrer son acétylcholine

Les personnes en manque d’acétylcholine se tournent en général vers les aliments gras et caloriques pour leur richesse en choline. Il sera important de choisir des aliments à la fois riches en choline et pauvres en matières grasses pour éviter des problèmes métaboliques. Les aliments riches en acétylcholine sont les œufs, le fromage, les viandes, le foie, les crucifères, l’avocat, le soja …

Le magnésium, les vitamines du groupe B, les antioxydants dont le manganèse, les oméga-3 comme les huiles de poissons, le ginkgo biloba pour la mémoire, le ginseng ou encore le romarin constitueront des supplémentations intéressantes.

La noradrénaline

Comme nous l’avons vu ci-dessus elle est issue de la transformation de la dopamine. C’est un des précurseurs de l’adrénaline. Elle régule la vigilance, l’apprentissage, les émotions, l’humeur et le sommeil. Elle se comporte comme une hormone, elle est libérée dans la circulation sanguine, contracte les vaisseaux sanguins et augmente le rythme cardiaque. Enfin elle joue aussi un rôle au niveau de la libido, de l’appétit, du métabolisme et des comportements liés à la récompense.

Une diminution de noradrénaline peut conduire à des difficultés d’apprentissage, une baisse de concentration, de la fatigue, de l’anxiété et aller jusqu’à la dépression.

Une alimentation riche en tyrosine (voir la dopamine) aidera à compenser un déficit.

L’adrénaline

A la fois neuromédiateur et hormone, elle est sécrétée en réponse au stress ou à la peur par les surrénales. L’ensemble de l’organisme se trouve alors mobilisé quand l’adrénaline est sécrétée. Davantage d’oxygène arrive alors au cerveau. On observe une dilatation des pupilles, une accélération de la respiration, une augmentation du rythme cardiaque, de la glycémie et de la pression artérielle et un relâchement des muscles de l’intestin ralentissant la digestion. Elle est également synthétisée à partir de la tyrosine comme la dopamine et la noradrénaline. Des aliments riches en tyrosine seront dans ce cas également les bienvenus.

Le glutamate ou acide glutamique

C’est un neurotransmetteur excitateur qui a pour rôle de compenser les effets inhibiteurs du GABA. Il a un rôle important dans les fonctions cognitives, apprentissage et mémoire et peut avoir des conséquences dans la maladie d’Alzheimer ou encore l’épilepsie. C’est un acide aminé qui est très présent dans l’alimentation (sauce soja, fromages, tomates, crustacés, bouillons cubes…) Il est souvent utilisé comme exhausteur de goût, présent dans les plats préparés industriels et dans la cuisine asiatique. Sa consommation excessive peut avoir comme conséquences différents malaises comme des bouffées de chaleur, des migraines, des sensations d’étouffement …

En conclusion

On se rend compte en étudiant les rôles des neurotransmetteurs de l’importance capitale qu’ils ont au sein de notre organisme, de leurs implications au niveau de nos émotions et de nos fonctions cognitives. Ils sont nécessaires à notre bien-être et sans eux notre cerveau ne pourrait communiquer avec l’ensemble de notre organisme. Nous possédons chacun un neuromédiateur dominant, il est essentiel que celui-ci soit parfaitement équilibré afin que notre santé physique et psychique soit optimale.

En aucun cas les informations et les conseils proposés ici ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé