Accompagnement naturopathique de l’arthrose

Qu’est-ce que l’arthrose ?

L’arthrose est une affection chronique qui touche une ou plusieurs articulations. C’est une dégénérescence du cartilage et de la totalité de la surface articulaire.  Le cartilage est un tissus conjonctif dur, contenant essentiellement de l’eau. Ce qui lui confère de l’élasticité. Ce tissus a la particularité de ne pas être vascularisé. Cette affection peut occasionner des douleurs, de la raideur, des déformations et des difficultés à mobiliser les articulations.

Le risque d’arthrose augmente avec l’âge. Mais cette pathologie peut apparaitre précocement et toucher des gens assez jeunes, par exemple des sportifs de haut niveau. L’arthrose fait partie des rhumatismes dits articulaires. 

Pour comprendre le phénomène de l’arthrose il est nécessaire de connaitre le fonctionnement d’une articulation. C’est une zone de jonction entre deux os qui permet le mouvement. On trouve des articulations au niveau des genoux, des hanches, des chevilles, des coudes, des épaules, des mains… Une articulation comprend le cartilage articulaire, la capsule articulaire, la membrane et le liquide synoviale, les ligaments articulaires, le ménisque, les bourses séreuses et les tendons.

En cas d’arthrose, les chondrocytes, cellules composants le cartilage, ne fonctionnent pas comme elles le devraient. Ainsi le cartilage risque de perdre ses qualités d’origine, de souplesse, de protection, d’irrigation et d’élasticité. Il menace de se fissurer et de disparaitre petit à petit, entrainant le frottement des articulations.

Les causes de l’arthrose

Différents facteurs sont à l’origine de l’arthrose. On dit qu’elle est primitive lorsque l’origine est génétique, hormonale ou physiologique. Elle peut être due au vieillissement, à un surpoids, à une mauvaise circulation sanguine ou encore à un problème métabolique comme le diabète. On dit qu’elle est secondaire lorsqu’elle est consécutive à un choc, à des mouvements répétés au travail, à des micro traumatismes inhérents à un sport par exemple une rupture de ligaments, à un accident, à des complications de fractures ou encore à une maladie inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïde.

La femme est à l’abri grâce à ses hormones qui ont un rôle protecteur jusqu’à la ménopause. En revanche, après 65 ans elle est plus touchée que l’homme.

L’obésité, de par la pression exercée sur les articulations des genoux favorise la gonarthrose (arthrose du genou). C’est par conséquent un facteur aggravant qui peut être soulagé par une perte de poids. Enfin tout ce qui favorise l’inflammation notamment une alimentation pro-inflammatoire à base de sucre blanc, de gras saturés ou de produits raffinés entraine un risque d’arthrose. Tous cela entraine la formation de cristaux qui viendront se loger au sein de l’articulation. Cette alimentation occasionne ce que l’on appelle des déchets acides. Ainsi les reins normalement chargés de les éliminer sont saturés et n’arrivent plus à faire leur travail. Les déchets se logent alors au sein des articulations et entrainent un durcissement des tissus. L’arthrose est donc une maladie d’encrassement, inflammatoire et oxydative. En effets les radicaux libres sont associés aux pathologies avec douleur et inflammation.

Les symptômes de l’arthrose

Les symptômes sont plus ou moins intenses. Il existe des arthrose exemptes de douleur parfois découvertes fortuitement. Le « dérouillage matinal » avec cette sensation d’être ankylosé peut indiquer un début d’arthrose. Les douleurs sont modérées ou intenses, voire invalidantes. Elles évoluent souvent par poussées. Des déformations sont localisées au niveau des articulations et entrainent des gonflements. L’arthrose produit gêne et raideur plus ou moins pénibles au sein de la vie quotidienne. 

Dans une arthrose avancée, des excroissances osseuses appelées dans le langage populaire « becs de perroquets » apparaissent et engendrent douleurs et gênes plus importantes. Les malades de l’arthrose supportent difficilement les changements de météo, les temps froids et humides. Il n’y a pas forcément de relations entre l’avancée de l’arthrose et la douleur. Certaines personnes montrent une arthrose légère et éprouvent des douleurs importantes. Parallèlement des patients ayant une arthrose sévère ne ressentent aucun symptômes.

Le diagnostic

Tout d’abord un interrogatoire déterminera le ressenti du patient, l’intensité et la localisation des douleurs …Puis le médecin procèdera à un examen clinique et prescrira une radiographie. Celle-ci confirmera le diagnostic et montrera quels signes correspondent à l’arthrose. Il peut y avoir différents cas de figure. Soit des trous dans l’os appelés aussi géodes qui indiquent une arthrose installée. Soit une excroissance d’os ou ostéophyte. Ou encore une densification d’os sous le cartilage appelée aussi ostéo-condensation ou os sous-chondral. Enfin un pincement articulaire peut apparaitre, dans ce cas les extrémités de l’os se touchent.

Les traitements classiques

La médecine classique propose des antalgiques type paracétamol pour diminuer la douleur. En revanche, on sait à quel point le paracétamol utilisé régulièrement peut être nocif pour le foie et amener à une hépatite. Il est donc fortement conseillé de ne pas en prendre au long cours. Le médecin prescrit fréquemment des anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS, pris par voie orale ou par voie locale en pommade. Or la durée doit être limitée également car les AINS entrainent souvent des réactions allergiques. Il peut proposer aussi des infiltrations de corticoïdes ou d’acides hyaluronique à l’intérieur de l’articulation atteinte pour limiter inflammation ou douleurs. Par contre le nombre d’infiltrations est lui aussi limité. Le kinésithérapeute propose de son côté des séances de rééducation de façon à conserver le plus longtemps possible la souplesse des articulations.

Les solutions naturopathiques

La naturopathie intervient en accompagnement de la prise en charge médicale, elle agit en modificateur de terrain de façon à prévenir et soulager la douleur. Ne jamais interrompre votre traitement médical sans l’accord de votre médecin.

L’alimentation

Nous l’avons vu ci-dessus, l’arthrose résulte d’une surcharge de déchets acides entrainant la formation de cristaux se logeant dans les tissus et les articulations. Comme vous commencez à le savoir, la naturopathie s’intéresse de très près aux causes de la maladie. Le naturopathe conseillera par conséquent à son consultant la suppression des aliments provoquant de l’acidité dans l’organisme (viande rouge, produits laitiers, sucres raffinés, acides gras saturés…) 

Il préconisera donc une alimentation alcalinisante, riche en légumes, fruits secs, huiles premières pression à froid … pour éviter l’encrassement de l’organisme et retrouver un équilibre acido-basique.

Lors de la consultation le naturopathe expliquera à son consultant quels sont les aliments acides, acidifiants et alcalinisants afin qu’il puisse bien se repérer. Les aliments riches en oméga-3 sont fortement recommandés pour leurs effets anti-inflammatoires, huile de chanvre, colza, noix…, petits poissons gras …

Il vous recommandera bien évidemment une alimentation anti-oxydante, riche en beta carotène, vitamines C et E, en manganèse, zinc et sélénium.

Les patients en surpoids auront grandement intérêt à perdre les kilos en trop afin de soulager leurs articulations. Là aussi le naturopathe accompagnera la réforme alimentaire avec des conseils adaptés aux possibilités de la personne tout en conservant la notion de plaisir.

Le drainage

Il vous suggèrera de boire une eau peu minéralisée afin d’éviter une fatigue et une surcharge supplémentaire des reins, et d’augmenter la quantité d’eau afin d’aider les reins à éliminer les acides. Plusieurs plantes diurétiques auront un grand intérêt. L’ortie a une action reminéralisante sur les tissus, est riche en fer et bio-disponible. La piloselle et l’aubier de tilleul sont doublement intéressants car il drainent aussi le foie. L’orthosiphon possède aussi des vertus anti-inflammatoires et anti-oxydantes. La reine des prés et le saule blanc qui contiennent de l’acide salicylique (principe actif de l’aspirine) ont donc des effets antalgiques intéressants… on adaptera bien sûr les posologies et formes galéniques en fonction de chacun.

L’exercice physique

Le thérapeute recommandera un exercice physique doux, adapté et régulier. En effet le cartilage est composé pour 60 à 70 % d’eau. Quand à la sédentarité, elle freine l’irrigation et la nutrition de ce cartilage qui baigne dans un liquide appelé la synovie. Pour que la synovie nourrisse et pénètre l’articulation il faut donc un mouvement de pompe, apporté par l’exercice physique. Plus il y aura de mouvements doux, plus le cartilage sera nourri et renouvelé. La marche reste idéale, mais aussi la natation, le yoga ou encore les balades à vélo.

La gestion du stress et des émotions

Le stress étant acidifiant, on limitera les éléments acides dans l’organisme en apprenant à se relaxer. Méditation, sophrologie, respiration, massages … ont des vertus reconnues sur le stress

Décodage biologique

La maladie comme nous l’avons vu dans des précédents articles a souvent un sens. Dans le cas de l’arthrose, il est intéressant de réfléchir à la notion d’entrave et de dévalorisation. La personne se sent elle empêchée de faire quelque chose ou de mener une action ? Et du coup se sent elle dévalorisée ? Ensuite il est également intéressant d’analyser la localisation de l’articulation touchée. Par exemple si c’est le genou qui est touché, cela pourra avoir un lien dans la relation à l’autre (Je/nous) avec une difficulté à se plier au désir de l’autre. 

Les compléments alimentaires

Les chondroprotecteurs

Deux composants naturellement présents dans nos tissus conjonctifs, la glucosamine et la chondroïtine peuvent agir sur l’articulation, diminuer les symptômes de l’arthrose et freiner son évolution. Ces composés ont une action intéressante sur la structure et la souplesse articulaire. Ils ne présentent pas de toxicité particulière. Prudence par contre avec les diabétiques car comme son nom l’indique la glucosamine contient du glucose. Il est préconisé de les prendre pendant au moins 6 mois, puis d’arrêter. En effet, la rémanence de ces composés est assez forte c’est-à-dire que les effets peuvent perdurer un certain temps après l’arrêt du traitement. Certains complexes associent également un composé soufré le MSM qui a la particularité d’améliorer la production de collagène et de kératine, constituants du cartilage.

Les plantes

Nous avons à notre disposition un certain nombre de plantes anti douleurs et anti-inflammatoires comme l’harpagophytum, le saule blanc, la reine des prés, le frêne, le bambou tabashir, la prêle, le lithothamme, l’ortie ou encore le cassis. Chacune a sa particularité. Le naturopathe vous conseillera telle ou telle plantes en fonction de vos besoins et préconisera les formes galéniques adaptées, bourgeons, tisanes, teintures mères…

La curcumine issue du curcuma et son cousin le gingembre sont à la fois antioxydants et anti-inflammatoires. Ils peuvent être utilisés soit en prévention dans l’alimentation quotidienne, soit en poudre concentrée ou en extrait en cas d’inflammation. Attention le curcuma étant un fluidifiant du sang, prudence avec les personnes sous anticoagulants. Il est fortement conseillé de demander l’avis du médecin traitant.

Un petit remède de grand-mère, les plantes à dérivés soufrés ont des effets anti-inflammatoires. Faites chauffer à la vapeur des feuilles de choux, les broyer et les appliquer sur les articulations douloureuses.

L’huile essentielle de gaulthérie couchée est très anti-inflammatoire. Masser l’articulation douloureuse avec un mélange d’huile végétale et de gaulthérie. Elle est particulièrement intéressante à utiliser car elle ne possède pas les effets photo-sensibilisants des gels classiques. Attention néanmoins si vous êtes allergique à l’aspirine car elle comporte des dérivés d’acide salicylique et évitez si vous êtes sous anticoagulants.

Les pommades au piment de cayenne très anti-inflammatoires montrent des résultats efficaces ainsi que les pommades à base de silicium marin.

Même si ces plantes ont moins d’effets secondaires que les traitements classiques, il peut être inefficace voir dangereux de s’auto-médicamenter. Le thérapeute est là pour vous conseiller et vous faire partager son expertise.

L’hydrologie

Les personnes souffrant d’arthrose ont souvent froid. On dit d’ailleurs que c’est une maladie froide. Des bains chauds ou l’application d’une bouillotte soulageront les douleurs. Le sauna apportera du soulagement, contribuera à activer les glandes sudoripares et donc à éliminer les toxines.

Et puis …

Des cataplasmes d’argile chaud sur la zone douloureuse apporteront du réconfort.

la prévention, encore la prévention

L’arthrose est la maladie articulaire la plus répandue. Elle peut devenir extrêmement invalidante étant donné qu’elle détruit le cartilage. De bonnes pratiques en hygiène de vie globale permettent d’en diminuer les effets et de reculer l’évolution de la maladie. A vous de jouer…

En aucun cas les informations et les conseils proposés ici ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé