La thyroïdite d’Hashimoto

Une maladie auto-immune

La thyroïdite d’Hashimoto est une maladie inflammatoire auto-immune chronique.

Dans les maladies auto-immunes, l’organisme s’attaque à ses propres cellules. On les nomme les cellules du soi en opposition aux cellules du non-soi étrangères à l’organisme. C’est donc une maladie en lien avec le système immunitaire. Pour bien expliquer ce phénomène à mes consultants, je prends souvent l’image d’un champ de bataille désorganisé où ennemis et alliés en surnombre seraient mélangés. Vous tirez pour vous défendre tous azimut et tuez au passage vos amis. C’est ainsi que dans la thyroïdite d’Hashimoto ce sont vos propres cellules qui détruisent progressivement les tissus de votre organe.

On dit aussi que c’est une maladie inflammatoire car une des causes principales en est l’inflammation, nous décrirons ce phénomène ci-dessous.

Enfin c’est une maladie chronique car elle s’installe dans le temps.

Le système immunitaire

Si vous lisez régulièrement mes articles ou avez parcouru mon livre, vous savez comment fonctionne votre système immunitaire. Revenons brièvement sur ces grands principes pour mieux comprendre la thyroïdite d’Hashimoto.

Le système immunitaire est un ensemble de cellules, d’organes et de tissus chargés de nous défendre et pour cela de différencier le soi du non soi. Le soi représente les molécules résultantes de nos propres gênes. Le non soi concerne les molécules différentes du soi et par conséquent extérieures à l’organisme.

La réaction immunitaire est donc un mécanisme de défense de l’organisme face à un envahisseur qui pénètre dans l’organisme comme par effraction. J’ai nommé les virus, bactéries, champignons, parasites …

Votre système immunitaire est donc chargé de maintenir l’équilibre naturel de l’organisme que l’on appelle homéostasie en luttant contre ces agents pathogènes. Le système immunitaire génère normalement de l’inflammation de façon spécifique c’est-à-dire lorsqu’il y a un intrus au sein de l’organisme.

Que se passe-t-il en cas d’inflammation

Lorsque l’inflammation s’installe dans la durée, qu’elle devient chronique et qu’elle ne correspond pas à une réponse spécifique du système immunitaire, on dit que c’est une inflammation de bas-grade. Elle ne génère pas de marqueurs inflammatoires (douleur, rougeur, gonflement et chaleur).

Cette inflammation de faible intensité, s’installe doucement, sournoisement et silencieusement. Elle n’est pas douloureuse et ne fait pas de bruit, il n’est donc pas toujours aisé de la repérer. C’est un peu le même système que la pollution qu’on ne voit pas forcément à l’œil nu, mais qui s’installe progressivement, durablement et qui petit à petit abime la planète.

Elle correspond, à une activité continue de notre système immunitaire impliquant une production lente et progressive de tous les acteurs de l’immunité qui se propagent au sein de l’organisme, et qui lorsqu’ils sont en quantité trop importante, créent de l’inflammation dans nos tissus.

En effet, synthétisés en quantité raisonnable ces différents acteurs jouent un rôle de défense contre des intrus potentiels. En revanche en cas de production continue, ils deviennent pro-inflammatoires et dangereux pour notre organisme. Il en sera de même pour de nombreuses substances au sein de notre organisme, une surcharge ou une carence aura un effet délétère alors qu’elle aura un rôle positif si elle est en équilibre.

L’inflammation de bas-grade est à l’origine de nombreuses maladies chroniques comme l’obésité, les maladies cardio-vasculaires, neurologiques, le diabète, le cancer ou encore les maladies auto-immunes.

Homme qui combat des virus - Thyroïdite d'Hashimoto

L’hyperperméabilité intestinale

Dans la majeure partie des cas cette inflammation provient de l’intestin. L’évolution de notre mode de vie actuel entraîne souvent la consommation d’aliments dénaturés, de la sédentarité et une augmentation du stress. Ces trois paramètres sont des facteurs favorisants de l’hyperperméabilité de la muqueuse intestinale.

Un intestin devenu perméable laisse passer dans la circulation sanguine des toxiques qui normalement devraient être évacués par les voies naturelles, provoquant ainsi une inflammation de bas-grade.

Notre muqueuse intestinale sert en effet de barrière entre l’intérieur et l’extérieur de notre corps. Le tube digestif correspond à l’extérieur, partant de la bouche pour aller jusqu’à l’anus.

La muqueuse intestinale est constituée entre autres de cellules appelées entérocytes. Leur rôle est de constituer un rempart solide et imperméable. Quand tout va bien, ces cellules forment une muraille puissante grâce aux jonctions serrées qui établissent une cohésion étanche entre les cellules. Lorsqu’elles ne remplissent plus leur fonction d’occlusion, il y aura alors ce que l’on appelle une hyperperméabilité intestinale. Dans ce cas l’intestin ressemble à une véritable passoire et laisse passer les toxines à l’intérieur du corps. Lorsque cela dure, c’est la porte ouverte aux maladies auto-immune comme la thyroïdite d’Hashimoto.

La thyroïdite d’Hashimoto

La thyroïdite de Hashimoto a été découverte en 1912 par un médecin japonais Hakaru Hashimoto. Elle résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire qui conduit à une production insuffisante d’hormones T3 et T4. Comme décrit ci-dessus les globules blancs attaquent la glande thyroïde la considérant comme un tissu étranger.

On retrouve donc une présence élevée d’anticorps anti-thyroperoxydase (anticorps anti TPO).

C’est la plus fréquente des maladies auto-immunes et elle touche principalement les femmes au-delà de 40 ans.

Les deux deux formes de thyroïdite d’Hashimoto

  • La forme atrophique qui conduit à la destruction progressive de l’organe.
  • La forme classique avec goitre, augmentation de volume et perte de fonction.

Les symptômes de la maladie

  • Fatigue physique et psychique
  • Dépression et instabilité de l’humeur
  • Constipation
  • Prise de poids sans modifications alimentaires
  • Problèmes cognitifs, baisse de concentration et pertes de mémoire
  • Baisse de la température du corps, frilosité
  • Diminution du rythme cardiaque
  • Rétention d’eau, œdèmes
  • Enrouement
  • Crampes et douleurs musculaires ou articulaires
  • Cheveux et ongles et cassants
  • Peau sèche
  • Perte des sourcils
  • Sècheresse de peau

Les causes de la maladie

  • Réaction auto-immune due à une inflammation chronique
  • Prédispositions génétiques
  • Perturbateurs endocriniens
  • Stress
  • Infections virales
  • Excès d’iode
  • Tabagisme

Comment diagnostique-t-on une maladie Hashimoto

  • Signes cliniques (ci-dessus)
  • Prises de sang, valeurs biologiques des hormones T3, T4, TSH et dosage des anticorps
  • Échographie

Que propose la médecine conventionnelle

Une fois la thyroïdite d’Hashimoto diagnostiquée le médecin vous proposera des hormones thyroïdiennes de synthèse, il s’agira la plupart du temps de l’hormone T4. Si votre foie fonctionne bien la T4 se transformera en T3 seule hormone active. Cependant en cas de faiblesse hépatique la transformation se fera difficilement. D’où l’intérêt de prendre soin de votre foie si c’est le cas. Il existe également un médicament contenant de la T3 et de la T4.

Que propose la naturopathie

Chez de nombreux consultants, malgré la prise de médicaments les symptômes persistent. Un accompagnement naturel apportera un mieux-être au quotidien en complément du traitement conventionnel.

Naturopathie - Thyroïdite d'Hashimoto

Diminuer l’inflammation

La première des actions à mettre en place sera de diminuer l’inflammation car comme vous le savez maintenant elle est le plus souvent à l’origine de la maladie. L’inflammation venant de l’intestin, nous nous y intéresserons en premier lieu. Les informations que vous me transmettrez m’aideront à vous conseiller en fonction de vos symptômes.

Revoir l’alimentation

En cas d’inflammation je vous orienterai bien évidemment vers une alimentation anti-inflammatoire. Je vous expliquerai dans le détail quels sont les aliments inflammatoires, anti-inflammatoires, comment éviter les nombreux pièges de l’industrie agro-alimentaire et que mettre en place pour favoriser un mieux-être intestinal. Le tout en conservant plaisir et convivialité.

Encourager la pratique de l'exercice physique

La pratique d’une activité physique régulière, modérée et adaptée aura une influence certaine sur votre immunité et sur la réduction de l’inflammation. En effet elle favorisera entre autres la réponse immunitaire, la circulation des globules blancs et compensera l’affaiblissement progressif de l’immunité due à l’âge. Nous chercherons ensemble quel type d’activité physique pourrait vous correspondre en fonction de vos goûts, âges ou encore aptitudes.

Apprendre à gérer son stress et ses émotions

Il existe des relations très étroites entre le cerveau et le système immunitaire et entre le cerveau et les intestins. Tout stress chronique compromet donc l’immunité et l’équilibre intestinal. Lorsque vous êtes en stress chronique, votre corps produit régulièrement une trop grande quantité de cortisol, ce qui a comme conséquence   une inflammation chronique et une baisse immunitaire.

Observons également la localisation de la thyroïde, elle se situe au niveau du chakras de la gorge. En médecine chinoise la thyroïde est la glande des émotions et de la communication. Je remarque très souvent lors des consultations un lien étroit entre des émotions non exprimées ou des chocs émotionnels avec l’apparition d’une pathologie liée à la thyroïde. Au travers de la maladie, notre corps nous indique souvent ce que nous devrions faire pour revenir sur le chemin qui est le nôtre. Tenir compte de ces informations est la bonne attitude pour aller vers le mieux-être.

Selon vos besoins je vous guiderais vers des techniques de gestion du stress, cohérence cardiaque, méditation, yoga, sophrologie, massages, réflexologie plantaire … ou vers des techniques de gestion des émotions, EFT, EMDR ou autres accompagnements thérapeutiques.

Femme sur un chemin dans la forêt
Jolie femme blonde pratiquant le yoga
Huile essentielles

Les accompagnements naturels

En cas d’intestin poreux

Il existe un certain nombre de solutions naturelles pour consolider la muqueuse intestinale, améliorer l’écosystème et diminuer l’inflammation. Ces solutions seront à adapter en fonction de chacun et en toute sécurité afin d’éviter toute interaction médicamenteuse ou contre-indication médicale.

Si le foie est surchargé

Dans ce cas je pourrais proposer selon la vitalité une protection hépatique ou un drainage du foie. Ce qui favoriserait la transformation des hormones T4 en T3.

Les plantes et autres compléments naturels

L’échange avec vous me permettra de vous conseiller tel ou tel compléments, que ce soit de la gemmothérapie avec les bourgeons d’amandier par exemple ou de l’ashwagandha, plante stimulante de la thyroïde qui diminue stress et inflammation ou encore de la rhodiole qui aidera votre organisme à s’adapter au stress… Du sélénium ou du zinc si vous êtes en carence …

Conclusion

La naturopathie est une technique d’accompagnement naturel qui s’inscrit en complément de la médecine conventionnelle, elle s’adresse à des individus uniques, c’est à ce titre que les conseils seront individualisés en fonction des informations récoltées lors de notre premier entretien. Ils viendront en soutien des traitements proposés par le médecin et vous aideront à retrouver un mieux-être au quotidien.