L’instinct et le bon sens au service de la Naturopathe

L’instinct et le bon sens au service de la Naturopathe

Ce sont des thèmes qui me tiennent vraiment à cœur. Je constate en effet qu’ils sont de plus en plus absent de notre quotidien et que notre bien-être pourrait être largement amélioré, si nous intégrions à nouveau l’instinct et le bon sens dans nos vies. Être à l’écoute de soi, de ses vrais besoins, savoir ce qui est bon, avoir du discernement, me semble indispensable pour optimiser notre santé. C’est pourquoi, au travers de divers exemples, j’espère vous donner envie de retrouver ces valeurs.

L’instinct

Lorsque vous cherchez la définition du mot « instinct » dans le dictionnaire, vous trouvez « tendance naturelle existant chez les individus de la même espèce »  https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/instinct/. 

Quand à Blaise Pascal il disait avec grande justesse « deux choses instruisent l’homme de toute sa nature : l’instinct et l’expérience ». Enfant, nous sommes naturellement reliés à notre instinct ou petite voix intérieure. Malheureusement l’éducation et la société nous façonnent et nous perdons rapidement cet atout. Je suis souvent frappée de la perte fréquente de cet instinct qui nous a été attribué à la naissance. Nous sommes souvent dépendants de ces dictats, « il faut que », « j’ai entendu dire que » ou encore « on doit » qui font de nous des adultes en souffrance, non à l’écoute de nos ressentis.

Le bon sens

La société oblige à des règles, à des cadres normatifs de façon à ce que nous puissions vivre ensemble. Il est bien évident qu’un minimum de lois est indispensable pour qu’une société soit harmonieuse. En revanche, cela encourage souvent la perte de spontanéité, de discernement, d’intuition ou de bon sens. Cette perte de bon sens affecte de nombreux domaines dont malheureusement celui de l’hygiène de vie. Je l’observe fréquemment lors de mes consultations en cabinet. Je vais donc tenter de vous montrer qu’une bonne hygiène de vie est intimement liée au bon sens et qu’il serait parfois vital pour notre santé d’écouter davantage notre intuition.

Adopter une alimentation en fonction des saisons est un gage de santé

La nature a remarquablement bien fait les choses. Rien n’a été laissé au hasard. Prenons le temps d’observer tout ce qu’elle a prévu pour notre bien-être. Mettons nous sur pause et écoutons nos besoins physiologiques.

Un exemple parmi tant d’autres – La tomate

Prenons un exemple très parlant. La nature a prévu que les tomates poussent en été. Ce n’est en aucun cas un hasard. La tomate est un légume rafraichissant et riche en eau afin de nous hydrater pendant les périodes de chaleur. Elle est peu calorique, car en été nos besoins sont moindres. Elle est source d’antioxydants, béta-carotènes, lycopènes et vitamine C. Ces derniers contribuent à diminuer l’oxydation et le vieillissement cellulaire. C’est en effet l’été que nous risquons un vieillissement prématuré de nos cellules en abusant du soleil.

La tomate est très acide. Oui mais surtout en hiver, d’autant qu’elle a poussé sous serre et manque donc cruellement de minéraux et de vitamines. Elle refroidira alors l’organisme et entrainera entre autres des douleurs articulaires. Elle sera beaucoup moins acide, consommée en été et contribuera au contraire à nous rafraîchir et à nous apporter les nutriments nécessaires lorsqu’elle a poussé en pleine terre. 

D’autre part, d’un point de vue purement écologique, cela entraine des situations forts inquiétantes. En effet, la consommation de tomates tout au long de l’année conduit à des pertes d’eau colossales. Surtout  lorsque l’on sait que cette eau est normalement destinée à des populations qui en ont un besoin crucial. Je vous suggère à ce sujet la lecture de« L’empire de l’or rouge » de Jean-Baptiste Malet, Editions Fayard.

Ce qui est vrai pour la tomate l’est pour chaque fruit et légume. Observons par exemple que de nombreux légumes d’été sont riches en eau.

Consommer des produits de saison relève du bons sens

Le bon sens voudrait qu’en période d’hiver nous consommions des quantités plus importantes et des aliments plus réchauffants comme par exemple le sarrasin ou les courges. Ceci, afin de maintenir notre organisme au chaud et de nous procurer l’énergie nécessaire pour résister aux températures plus fraiches. Pendant l’été, au contraire, notre alimentation devrait être davantage axée sur la fraicheur et l’hydratation pour maintenir notre corps au frais et résister davantage à la chaleur.

Consommer des produits de saison est à la fois une opportunité pour notre santé mais également pour notre planète qui en a bien besoin.

Manger en pleine conscience

Lorsque je questionne sur la mastication, rares sont les personnes qui ont conscience que bien mâcher entraine de nombreux bénéfices. En effet, de nombreux consultants se plaignent de fatigue et de somnolence après le repas, voire de gaz, de ballonnements ou de prise de poids. Lorsque je les questionne sur leurs habitudes alimentaires, je me rend compte que de nombreux repas sont avalés sur le pouce dans une atmosphère rarement paisible. Ils ne prennent pas le temps de mastiquer et de manger dans un environnement calme. Lorsqu’ils veulent bien se prêter au jeu de l’expérience, et d’inverser leurs comportements alimentaires, ils sont souvent agréablement surpris des conséquences sur leur santé.

Mais quels sont donc les avantages de la mastication

Prendre le temps de mâcher entraine une meilleure gestion du poids car elle permet une reconnaissance des signaux de satiété. La leptine, hormone de la satiété se manifeste au bout de 20 minutes. Cela génère moins de fatigue pour l’organisme. En effet la fonction digestive demande beaucoup d’énergie à l’organisme. Lorsque la mastication fait défaut, c’est un surcroit d’énergie qui est dédiée à la digestion au dépend d’autres fonctions physiologiques comme par exemple l’immunité.

Manger dans une atmosphère calme éloigne le stress qui perturbe la digestion.

Nous possédons sur la langue des capteurs qui informent le cerveau et activent le circuit de la récompense (ou centre du plaisir). Ceux-ci entrainent la sécrétion de la dopamine et de la sérotonine, hormones du plaisir et du bien-être. De ce fait, si on avale son repas sans mâcher, la sensation de plaisir sera moindre. En effet, cela entrainera un besoin accru de nourriture pour arriver à un sentiment de satisfaction.

Manger en pleine conscience est l’occasion de porter une attention particulière à ses sensations. Une jolie assiette garnie d’aliments frais et colorés fera participer nos cinq sens et contribuera à notre bien-être général.

Écouter ses sensations de faim

Lorsqu’un bébé n’a pas faim, il refuse toute nourriture et ne se laissera par ailleurs jamais mourrir de faim. Instinctivement il met son système digestif au repos. Il en est de même pour les animaux. Pourquoi n’écoutons nous pas davantage nos sensations de faim? 

Quand je demande à mes consultants si ils ont faim le matin, la réponse est souvent non. Le petit déjeuner est pris par habitude. On nous a en effet inculqué depuis notre plus jeune âge qu’il est nécessaire  de manger le matin. De fait, nous prenons parfois un petit déjeuner alors que nous n’avons pas faim.

Certes, le petit déjeuner est un repas important mais seulement si la sensation de faim est présente. Or, le diner de la veille au soir est souvent trop copieux ou trop tardif. Ainsi, sa digestion n’est pas terminée. Dans ce cas, le système digestif ne connait pas de répit et enchaine digestion sur digestion. Le système d’auto-nettoyage ne se fait plus et entraine à la longue des effets délétères sur l’organisme.

Modifier ses habitudes

Diner tôt et léger le soir, faire une balade digestive et ne pas se coucher directement après le repas serait l’idéal. Certes ce n’est pas toujours facile à appliquer à cause des rythmes imposés par la société. En revanche, il est tout à fait possible d’alléger le diner.

Le jeûne intermittent est aussi une alternative intéressante. Cela consiste à ne pas manger pendant une durée de 16 h. On peut ainsi sauter le petit déjeuner ou le diner et ainsi mettre son système digestif au repos. Nos ancêtres, les chasseurs cueilleurs se levaient le matin et partaient cueillir et chasser. Le table du petit déjeuner n’était pas dressée, à les attendre. L’étymologie du mot déjeuner « dé-jeûner » est d’ailleurs intéressante, il s’agit en effet de rompre le jeûne.

De nombreuses études montrent d’ailleurs que la frugalité aurait comme conséquence une meilleure qualité de vie et une durée de vie plus longue. https://www.letemps.ch/sciences/manger-vivre-plus-longtemps

Limiter les produits laitiers

Depuis notre plus tendre enfance, nous sommes envahis de campagnes publicitaires encourageant la consommation de produits laitiers soit disant pour ne pas être carencé en calcium.

Or si nous faisons appel à notre bon sens, à qui est destiné le lait de vache ? Au petit veau, et oui ! Ce lait comporte effectivement des facteurs de croissance destinés au petit veau qui doit prendre 200 kilos dans l’année. Ces besoins ne correspondent en aucun cas pas aux nécessités humaines. De plus, le lait comporte de la caséine, protéine indigeste pour l’homme et du lactose. Il se trouve que la lactase, enzyme qui digère le lactose, chute fortement dès l’âge de 2 ans pour être quasi absente chez l’adultes. Enfin, prenons le temps de nous intéresser aux conditions d’élevage, nourriture apportée au bétail, hormones, antibiotiques, stress animal… Nous comprenons alors notre difficulté à digérer les laits animaux, et les pathologies inflammatoires observées chez les gros consommateurs de produits laitiers.

Et le calcium dans tout ça …

Le calcium du lait n’est assimilable qu’à hauteur d’environ 30 % . En revanche, les fruits et légumes sont une importante source de calcium hautement assimilable, dans des proportions qui peuvent être supérieures. Vous trouverez entre autres du calcium dans les crucifères, dans les sardines avec leur arête, les haricots blancs et les amandes.

En conséquence, en cas de maladie d’origine inflammatoire, je vous conseille fortement d’arrêter la consommation de produits laitiers. Si ce n’est le cas vous pouvez en consommer de façon raisonnable et de préférence de la chèvre ou de la brebis, plus digestes.

La diminution systématique du gluten

la question revient souvent : « faut-il supprimer le gluten » ? Les médias se sont emparés du sujet et je pense que cela mérite un peu de discernement. J’ai parfois l’impression qu’il est devenu l’ennemi public numéro un. Or, tout est affaire de mesure. Certes le blé a été tellement modifié génétiquement qu’il convient de ne pas en abuser, car il entraîne allergies et intolérances. Ceci dit, si vous avez une bonne hygiène de vie globale, si vous êtes bien portant et que votre intestin vous laisse tranquille, vous auriez tort de ne pas savourer de temps en temps un bon plat de pâtes, sans culpabilité et avec plaisir. En effet, le plaisir est parfois le grand oublié dans l’histoire.

Bien évidemment, si vous avez un terrain inflammatoire, un intestin irritable ainsi que divers symptômes faisant penser à une allergie ou à une intolérance, oui, il faudra arrêter toute alimentation contenant du gluten. Celui-ci comme son nom l’indique se comporte comme une colle et détruit petit à petit la muqueuse intestinale. Tout est affaire de bon sens et de mesure. Tous excès est préjudiciable à l’organisme qui n’est pas conçu pour faire la fête tous les jours. Les personnes qui abusent d’aliments riches en gluten, par exemple ceux qui consomment régulièrement de grandes quantité de pâtes, risquent fort de développer une intolérance. L’organisme arrive dans ce cas à saturation. 

La vraie intolérance reste assez rare heureusement. La maladie cœliaque toucherait une  personne sur 100 en France (1) et effectivement il y a de plus en plus d’allergiques. Là encore, il est nécessaire d’écouter ses sensations et d’observer les réactions de son corps.

Prudence avec les produits sans gluten

Par ailleurs j’attire votre attention sur les produits dits sans gluten. Ce sont des produits très souvent riches en farines de riz et de maïs. Ces deux ingrédients sont des aliments à index glycémique élevé, c’est à dire riches en sucres rapidement assimilables. Consommés en trop grande quantité, ils entrainent des problèmes de surpoids, d’obésité, du diabète de type II ou encore des maladies cardio-vasculaires.

Il existe heureusement d’autres céréales sans gluten qui ne font pas grimper la glycémie aussi rapidement et permettent de varier les repas tout en gardant la notion de plaisir lorsqu’on est intolérant.

Il est donc essentiel de conserver son bon sens, d’adapter et de varier son alimentation en fonction de son état de santé et non pas en fonction d’une mode ou de ce qui est transmis sans fondement.

Et si exprimer nos émotions nous évitait bien des maux …

Il existe un lien étroit entre les émotions et la maladie. Le docteur Hamer, médecin allemand a été un des premiers à théoriser l’impact de nos émotions mal gérées sur notre santé. Plusieurs médecins, infirmiers ou chercheurs comme Marc Frechet ou Christian Flèche ont continué à faire des recherches sur le décodage biologique des maladies. Les maux du corps peuvent ainsi être une traduction de ce qui n’a pas pu être exprimé par des mots. Nous avons cette faculté, nous les être humains de pouvoir nous exprimer par des mots. Alors exprimons nous, car tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime dans notre corps. On peut ainsi traduire la maladie par le « mal a dit ».

Voie sans issue

Je vous livre un exemple intéressant. Lors d’une récente consultation, la personne que je recevais m’expliquait qu’elle avait été opérée de l’appendicite une quinzaine de jours avant son mariage. Je lui demande alors dans quel état d’esprit elle se trouvait à ce moment-là. Elle me dit texto qu’elle « ne le sentait pas ». A ce moment là, sans le savoir son corps lui a parlé. En effet, en décodage biologique, l’appendicite symbolise la voie sans issue. Peut être que si elle avait écouté sa petite voix intérieure et son instinct profond, elle  ne se serait pas engagée dans quelque chose qu’elle ne sentait pas. Elle n’aurait pas fait de crise d’appendicite et aurait évité un mariage qui s’est révélé rapidement sans issue…

Apprendre à gérer ses émotions de manière consciente est donc indispensable.

Il existe pour cela de nombreuses techniques qui vont de la relation d’aide avec des thérapeutes, psychologues, psychiatres … à des pratiques comme la sophrologie, la méthode de libération des cuirasses, l’hypnose, le yoga, l’EFT, ou encore la méditation

L’exercice physique

Les bienfaits de l’exercice physiques ne sont plus à démontrer. Nous savons à quel point cela est indispensable à notre bien-être physiologique et psychique. Ce n’est plus un secret pour personne. La liste des bienfaits est telle que je ne vais pas pouvoir les citer tous. Cela mériterait un article à part entière. L’exercice physique régulier et adapté aide entre autres à réduire le stress, améliorer les fonctions cognitives, apporter du plaisir et de la confiance en soi. Il régule l’appétit, protège des maladies cardio-vasculaire, diminue le risque de cancer, améliore la qualité du sommeil. Et puis, il atténue la douleur, prévient le diabète, renforce le système osseux, protège de l’hypertension artérielle… Enfin, il renforce notre système immunitaire, ce qui dans des périodes de pandémie comme nous en vivons actuellement est fortement intéressant. Et pour autant les chiffres laissent songeur, 61 % des adultes seulement sont actifs, les chiffres du surpoids et du diabète explosent et les Français passent en moyenne 5 heures par jour devant les écrans (2)

Élémentaire mon cher W…

Ce ne sont que quelques exemples, mais ils montrent bien que si nous remettons  du bon sens dans notre quotidien et si nous écoutons un peu plus souvent nos intuitions profondes, il y a fort à parier que nous gagnerons en bien-être et en santé. Nous avons l’information pour être en pleine santé physique et mentale et pour diminuer considérablement le risque de maladie. Nous savons intuitivement ce qui est bon ou mauvais pour nous. Les naturopathes sont là pour vous informer, vous guider et vous accompagner sur ce chemin.

(1) Source AFDIAG – Association française des intolérants au gluten

(2) Étude Esteban du 26 septembre 2017 – Enquête réalisée entre avril 2014 et mars 2016, sur plus de 3 800 personnes, âgées de 6 à 74 ans.