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Se débarrasser de l’acné naturellement

Qu’est-ce que l’acné ?

C’est une maladie de la peau causée par une bactérie appelée Cutibactérium acnes. Cette bactérie est normalement présente à la surface de la peau. Elle devient délétère lorsqu’elle se met à proliférer entrainant alors une inflammation des glandes sébacées productrices de sébum. L’acné se traduit par de nombreuses lésions comme des rougeurs, des microkystes, des pustules ou encore des points noirs. La localisation se fait principalement au niveau du visage, du cou, du thorax et du dos. 

Par quel processus apparait l’acné ?

A l’origine du phénomène, les hormones, et tout particulièrement les androgènes. En effet les glandes sébacées, sous l’influence des androgènes produisent du sébum. Ces hormones sexuelles mâles sont produites en quantité chez l’homme. Elles le sont en moindre mesure chez la femme. Les périodes d’adolescence ou de déséquilibre hormonal entrainent souvent une production excessive de sébum . Cette substance grasse est bénéfique et protectrice pour la peau en quantité normale. En excès, elle va s’épaissir et former un bouchon au niveau de l’orifice folliculaire. Cela conduira en premier lieu à la formation d’un comédon, appelé aussi point noir dans le langage populaire. Dans un second temps à une possible inflammation. Les œstrogènes peuvent également être responsable de l’acné, essentiellement lors de périodes du cycle féminin entrainant des variations hormonales.

Qui est touché par l’acné ?

Environ 80 % des adolescents sont concernés par l’acné, mais aussi un certain nombre d’adultes. Les femmes sont plus souvent touchées que les hommes en raison des fluctuations hormonales et du stress. On observe notamment des poussées d’acné dans la période prémenstruelle car elle correspond à un pic de synthèse d’androgènes.

Quelles sont les causes de l’acné

Il existe plusieurs origines à l’acné. Tout d’abord une cause héréditaire. Les « chances » d’avoir de l’acné augmentent en cas de terrain familial acnéique. Mais la cause la plus importante reste la consommation excessive d’aliments pro-inflammatoires et surtout à index glycémique élevé. La résistance à l’insuline traduite par un taux de sucre trop élevé dans le sang est souvent à l’origine de l’acné. En effet, une quantité élevée et régulière de sucre et de produits raffinés conduit à une surproduction de testostérone. Celle-ci entraine à son tour un excès de sébum au niveau des glandes.

Le stress chronique a comme conséquence d’augmenter la synthèse du cortisol et des androgènes. Le tout aboutissant également à un phénomène inflammatoire.

La pollution ainsi que le tabac ont également des conséquences sur la peau. En effet les microparticules toxiques arrivent à pénétrer la peau. Elles favorisent son oxydation. De même le soleil en excès épaissie la couche supérieure de la peau et encourage ainsi l’obstruction des pores.

Enfin, toutes modifications hormonales dans la vie d’une femme sont susceptibles de favoriser l’acné, comme par exemple une grossesse ou un changement de contraception.

Les différentes lésions entrainées par l’acné

Comme nous l’avons évoqué ci-dessus, l’accumulation de sébum sous la peau va conduire à la formation d’un bouchon de couleur blanche. Au contact de l’air il s’oxydera et deviendra noir. Ces micro-comédons vont devenir le terrain de jeux de bactéries, qui en quantités normales sont bénéfiques pour notre peau. 

En revanche, lorsqu’elles prolifèrent ces bactéries peuvent créer de l’inflammation. Ces inflammations peuvent être superficielles. On peut ainsi voir apparaitre des papules ou boutons rouges inflammatoires d’environ 5 mm ou des pustules qui ressemblent à des boutons rouges à têtes blanches.

Les lésions peuvent devenir plus profondes et douloureuses. On voit apparaitre alors des nodules ou des kystes.

Les traitements conventionnels proposés contre l’acné

Différents traitements existent actuellement. Certains médecins prescrivent des traitements locaux antibactériens ou antibiotiques.  Les antibiotiques sous forme orale réduiront l’acné inflammatoire. Ces traitements sont limités dans le temps. Ils sont bien évidemment contre-indiqués pendant la grossesse et en cas d’exposition au soleil. 

En cas de formes sévères, les médecins proposent des traitements à base d’isotrétinoïne, un dérivé de la vitamine A. Ces prescriptions ont une action anti-inflammatoire et empêchent la production de sébum. En revanche les effets secondaires ne sont pas à prendre à la légère et demandent une vraie surveillance. Ces traitements entrainent un certain nombre d’effets indésirables, sécheresse de la peau, effet délétère sur le foie avec élévation des transaminases, cholestérol et triglycérides, troubles de l’humeur, voir même idées suicidaires. Il est bien évident que ce traitement est formellement contre-indiqué en cas de grossesse au risque d’entrainer une malformation fœtale. Une contraception sérieuse doit être mise en place. Le renouvellement de la prescription est soumis à des règles précises et le protocole ne doit pas être suivi au long cours.

Enfin il existe des traitements hormonaux à base de progestérone et d’œstrogènes réservés à la femme adulte. Ces traitements ont un effet contraceptif et doivent être mis en place pour une durée minimale de six mois. En effet les résultats ne se font ressentir qu’au bout d’un certain temps. Des risques de thromboses amènent à proposer ce type de traitement uniquement en cas d’échec des traitements antibiotiques et pour les formes sévères. Une surveillance est bien évidemment nécessaire.

Que propose la naturopathie pour lutter contre l’acné ?

La recherche de la/ou des causes est un des fondements de la démarche naturopatique. Comme nous l’avons évoqué ci-dessus, l’alimentation et l’hygiène de vie en général sont souvent responsables d’une surproduction de testostérone et par voie de conséquence d’un excès de sébum. La première mission du naturopathe sera donc d’enquêter sur l’hygiène de vie de son consultant. Ses investigations lui permettront d’évaluer le taux de sucre dans le sang et s’il y a ou pas une résistance à l’insuline. L’évaluation du stress, d’une éventuelle sédentarité, d’une pollution excessive (tabac, pollution) ou encore un déséquilibre hormonal le guideront dans ses conseils.

L’alimentation

Elle doit être la plus saine possible. Limitée en glucides de mauvaises qualités, produits industriels et raffinés, sucre sous toutes ses formes et aliments à index glycémiques élevés. Les acides gras saturés que l’on trouve dans les produits industriels, transformés, frits ou chauffés sont également à diminuer de façon drastique. La consommation d’alcool est bien évidemment à contrôler. Les produits laitiers riches en facteurs de croissance favorisent la production de sébum et sont donc également à limiter. La viande rouge et les charcuteries seront à éviter.

Le praticien naturopathe conseillera une alimentation à dominante anti-inflammatoire priorisant les bons acides gras contenus dans les petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs, rougets …) et les bonnes huiles (colza, noix, cameline, chanvre …)

Les légumes, riches en antioxydants, vitamines, minéraux, oligo-éléments et fibres auront une place prépondérante dans l’assiette. Des protéines de qualité, des aliments à index glycémiques bas ou modérés complèteront l’assiette.

L’exercice physique

La pratique régulière et adaptée de l’exercice physique contribue de façon efficace à la diminution de la résistance à l’insuline. En effet le glucose sera utilisé directement comme carburant indispensable à l’effort physique.

La gestion du stress

Le cortisol synthétisé en continu lors d’un stress chronique entraine comme nous l’avons vu un surcroit d’androgènes et un état inflammatoire. Il est donc fortement conseillé d’utiliser des outils pour apprendre à gérer stress et émotions. Différentes techniques comme la sophrologie, la pratique du Qi gong, du Tai Chi ou encore des techniques faciles à utilisées à la maison (méditation, cohérence cardiaque) apportent une aide très utile.

Le tabac

Il favorise l’oxydation de la peau et aggrave par conséquent les lésions. Cela peut être une motivation pour diminuer, voire arrêter définitivement sa consommation.

Les modifications hormonales

Les femmes sont au cours de leur vie sujettes aux modifications hormonales. Ainsi au cours du cycle, en période de grossesse, pré-ménopause ou ménopause, ces variations peuvent entrainer différents symptômes comme de l’acné. En cas d’hyperœstrogénie, le gattilier utilisé dans la deuxième partie du cycle régularisera les taux hormonaux. Et selon les cas, l’ortie racine régulatrice du taux de testostérone libre ou l’alchémille pour son action régulatrice de la progestérone.

Drainer les émonctoires

Les émonctoires sont des organes chargés de l’élimination des déchets. La peau est un de ces émonctoires. C’est l’organe du corps humain le plus grand (environ 2 m2 chez l’adulte). Elle élimine les toxines par l’intermédiaire du sébum. Si celui-ci se trouve en trop grande quantité, les canaux se bouchent. Cet émonctoire prend souvent le relais lorsque les intestins, le foie et les reins sont défaillants. Il peut être utile de drainer ces émonctoires afin que la peau n’ait pas une surcharge de travail. De même en cas d’intestin poreux favorisant l’inflammation, il conviendra de réparer la muqueuse intestinale.

En cas de déséquilibre hormonal, il sera utile de protéger le foie du consultant. En effet cet organe gère l’élimination des hormones en excès. Une trop grande quantité est susceptible de le fatiguer. Le naturopathe proposera différentes plantes pour contribuer à la détoxication et au drainage de l’organisme. La bardane, plante majeure de la peau a une action drainante. On peut y associer le pissenlit pour ses propriétés détoxiquantes. La pensée sauvage et la fumeterre détoxifiantes et dépuratives ont également toute leur place.

Se protéger des perturbateurs endocriniens

Il est malheureusement impossible d’éviter les perturbateurs endocriniens car ils sont partout. En revanche on peut essayer de limiter au maximum notre exposition. En effet les perturbateurs endocriniens ont la faculté de mimer les hormones, les empêchant ainsi de se fixer à leurs récepteurs. Ces substances vont donc bloquer la transmission des messages normalement transmis par les hormones.Elles vont également gêner leur transport, leur synthèse, leur régulation, leur mode d’action ou leur dégradation. Sachant que les glandes sébacées sont sous l’influence des hormones, on imagine facilement le tumulte que cela peut occasionner.

Un apport en zinc

Ce minéral possède différentes actions intéressantes en cas d’acné. C’est un antibiotique naturel, anti-inflammatoire, régulateur hormonal et cicatrisant. Il a ainsi toute sa place dans le traitement de l’acné.

Des soins locaux

L’état de la peau en cas d’acné est souvent inflammatoire. Il convient par conséquent d’en prendre grand soin et de veiller à son hydratation.

Démaquiller la peau avec de l’huile de jojoba et un coton doux. Laver le visage avec un savon sur-gras. Vaporiser avec une eau florale de lavande, tea tree, hélicryse italienne, géranium ou rose selon le type de peau. Appliquer sur les boutons, à l’aide d’un coton tige une huile essentielle de tea tree, antifongique et antiseptique ou de laurier noble, régénératrice et antioxydante. L’aloe vera viendra compléter le soin grâce à ses vertus hydratantes, cicatrisantes, protectrices et apaisantes. C’est de plus un excellent régénérant cellulaire.

En bref

L’acné est un phénomène inflammatoire complexe. Il est plus que jamais indispensable d’en connaitre les causes afin d’en venir à bout. Une fois l’origine connue, c’est la mise en place d’une synergie d’actions (hygiène de vie, exercice physique, gestion du stress, compléments alimentaires adaptés …) qui favorisera la diminution voire la disparition de l’acné.

En aucun cas les informations et les conseils proposés ici ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé