graisse abdominale laurence guillon naturopathe

Graisse abdominale – Attention danger 

Qu’appelle-t-on graisse abdominale ?

La graisse abdominale correspond à une accumulation de cellules graisseuses ou adipocytes localisées au niveau de l’abdomen. Cette graisse peut être visible, c’est la fameuse bedaine mais aussi invisible. C’est dans ce cas qu’elle est la plus toxique car elle entoure les organes nobles, viscères, intestins foie, et cœur. Elle augmente ainsi considérablement les risques de développer des pathologies graves.

Pourquoi la graisse abdominale est-elle dangereuse ?

On l’appelle également graisse viscérale, car elle est répartie autour des organes. C’est une des complications de l’obésité et elle constitue un risque aggravé de maladies cardio-vasculaires, d’hypertension artérielle, de cirrhose du foie, de diabète de type 2 ou encore de cancer.

Lorsque la graisse est répartie harmonieusement ou localisée sur la partie basse du corps elle ne représente pas de risques majeurs. En revanche si elle se situe au niveau du ventre elle devient dangereuse et toxique.

Chez l’homme

L’homme de part nature est en général plus enclin à avoir de la graisse abdominale que la femme.

La testostérone baisse au fur et à mesure de l’avancée en âge et le surpoids favorise sa diminution. Le vieillissement naturel entraine non seulement un taux de testostérone réduit mais également une augmentation proportionnelle d’œstrogènes. Plus la testostérone baissera, plus les œstrogènes augmenteront. Ces modifications hormonales sont naturelles et entrainent des effets indésirables si rien n’est mis en place. Parmi ces effets, la prise de poids abdominale et une activité anormale de l’enzyme aromatase. Et c’est là un véritable cercle vicieux qui s’installe. D’un côté le taux de testostérone diminue avec l’âge entrainant une prise de poids abdominale, constituée de tissus adipeux stockant les œstrogènes. De l’autre une activité augmentée de l’aromatase consécutivement à la prise de poids, diminue encore le taux de testostérone et favorise l’augmentation des œstrogènes. Et d’autres symptômes à la clé, baisse de libido, augmentation des glandes mammaires, diminution de la force musculaire …

Chez la femme

Malheureusement la femme rejoint souvent l’homme à la ménopause. La graisse localisée dans la partie basse du corps a alors tendance à remonter sur le ventre. En cause des taux d’œstrogènes et de progestérone qui diminuent, associés à du stress et à une alimentation inadaptée.

Si l’équilibre hormonal est bon chez la femme, les graisses vont se localiser dans la partie basse du corps. Si ce n’est pas le cas ou si la femme est stressée de façon chronique, la graisse va aller se placer sur le ventre, entrainant les mêmes risques que chez les hommes.

Un tour de taille supérieure à 80 cm chez la femme et à 94 cm chez l’homme est signe d’obésité abdominale.

Quelles sont les causes de la graisse abdominale

L’alimentation

Une des causes est bien sûr la surconsommation alimentaire. En cas de prise alimentaire excessive l’organisme n’a pas la capacité de transformer la totalité. Il stocke alors l’excédent au niveau des tissus adipeux. La consommation excessive de glucides raffinés aggrave les choses. En effet, elle entraine un pic de glycémie et donc une surproduction d’insuline en faveur du diabète. Ce qui conduit au stockage des graisses, toujours dans les tissus adipeux. L’insuline augmente l’aromatase, conduisant à son tour à une transformation accrue de testostérone en œstrogènes. On est à nouveau en plein cercle vicieux.

Cela peut créer de surcroit une dépendance. En effet le sucre répond à une demande d’énergie. Or cette énergie n’est que de courte durée car les glucides raffinés sont vite brûlés. On assiste alors à un nouveau besoin de sucre.

La consommation de plats industriels transformés, riche en sucres cachés et gras trans est une des causes de cette graisse abdominale. 

Une alimentation riche en œstrogènes, excès de viandes, de produits laitiers ou de soja est un facteur de risque supplémentaire

La sédentarité

Le manque d’activité physique amplifie le phénomène et favorise les dépôts de graisse au niveau abdominal.

Les perturbateurs endocriniens

Ils sont croissants dans notre environnement. Ces substances chimiques miment l’action des hormones naturelles, se fixent sur leurs récepteurs, bloquent leur concentration dans l’organisme et les mécanismes de production et de régulation.  On trouve ces perturbateurs entre autres dans les cosmétiques, plastiques, pesticides, détergents, produits d’agriculture, de jardinage, tapis, moquettes, fumée de cigarettes … 

Les perturbateurs endocriniens notamment les xénœstrogènes vont se localiser dans les adipocytes, cellules graisseuses et font baisser le niveau de testostérone, augmentant ainsi les œstrogènes. 

Le stress chronique

Enfin le stress chronique qui produit du cortisol, hormone hyperglycémiante favorise grandement le stockage des graisses. Le cortisol entraine une hausse d’insuline qui va elle-même favoriser le stockage des graisses.

Le manque de sommeil

Le manque de sommeil favorise la production de l’hormone de l’appétit, la ghréline et diminue l’hormone de la satiété la leptine, encourageant un appétit accru.

Les risques pour la santé

En dehors des considérations esthétiques, la graisse abdominale localisée autour des organes représente un facteur de risques important pour la santé. En effet, cela augmente de façon drastique le risques de maladies cardio-vasculaires, de diabète de type II ou encore du cancer.

Comment prévenir la graisse abdominale

Comme toujours en naturopathie, les actions seront multifactorielles. Le naturopathe s’efforcera de prodiguer des conseils adaptés qui concerneront l’alimentation, l’exercice physique, la gestion du stress et du sommeil et l’élimination maximal de perturbateurs endocriniens. Les conseils proposés ci-dessous sont d’ordre général et ne représentent en aucun cas une prescription. Ils seront bien évidemment à adapter en fonction du terrain, du tempérament, de l’historique et des possibilités de chacun. C’est le rôle du naturopathe après une anamnèse sérieuse d’accompagner le consultant tout en l’amenant à être acteur de sa santé.

Modifier son alimentation

Ne pas faire de régime

Il conviendra de ne surtout pas faire de régime, ce qui serait une source de stress pour l’organisme et l’encouragera au stockage. En revanche il sera nécessaire de réformer son alimentation. Le corps a besoin pour bien fonctionner de protéines, de lipides et de glucides, il n’est pas question de supprimer l’un ou l’autre de ces nutriments. Néanmoins il conviendra d’ajuster les quantités, de privilégier la qualité et de respecter la chronobiologie du corps

Consommer des aliments de qualité

Augmenter la ration de légumes frais dans l’assiette et ce à chaque repas.

Consommer des protéines de bonne qualité, préférer les petits poissons gras et les œufs à la viande riche en œstrogènes. 

Choisir de bons lipides, des huiles de bonne qualité, des petits poissons gras, des fruits à coque … Ces derniers sont rassasiants, entrainent une combustion plus lente et une énergie plus régulée et donc moins de graisses stockées.  

Éviter les glucides raffinés au profit de glucides complexes et éviter de manger des glucides le soir. 

Choisir une alimentation de qualité biologique

Faire le choix si possible d’une alimentation biologique pour éviter au maximum les perturbateurs endocriniens. Éviter bien sûr les produits industriels et préparés surchargés en sucres et graisses cachés. 

Modifier son organisation

Consommer un petit déjeuner protéiné et ce uniquement en cas de faim. Si possible, mettre en place le jeûne intermittent le soir. C’est-à-dire sauter le diner. C’est en effet le soir que l’organisme va stocker car les enzymes digestives sont en diminution et la sécrétion d’insuline est faible.

Pratiquer l’exercice physique

Faire de l’exercice physique de façon adaptée, pour ne pas stresser l’organisme et entrainer une production excessive de cortisol. Les séances de cardio, intensives et le surentrainement sont effectivement sources de stress et peuvent conduire à l’effet inverse souhaité. Un des meilleurs exercices reste la marche régulière, une heure par jour pour se détendre. La musculation permet de construire du muscle avec la testostérone et évite ainsi le stockage des graisses.

Réduire son stress au maximum

Vous l’avez compris, une des sources majeures de la graisse abdominale est le stress. La sécrétion constante de cortisol entraine l’épuisement des glandes surrénales et à terme de l’embonpoint abdominal. On peut diminuer le stress chronique avec des méthodes comme la respiration, la méditation, la sophrologie et un sommeil de qualité. Le sauna, les massages, la réflexologie plantaire sont également fortement conseillés ainsi que toute méthode apportant de la détente. 

Limiter les perturbateurs endocriniens dans son environnement

Il est malheureusement impossible de vivre dans un environnement dénué de perturbateurs endocriniens. En revanche il est possible de diminuer considérablement leur impact sur notre santé. Choisir une alimentation de qualité biologique éliminera un grand nombre de pesticides, de même qu’éviter de boire l’eau du robinet. Remplacer les contenants en plastique par du verre. Choisir des cosmétiques biologiques ou les fabriquer soi-même. Rappelons-nous que ce que nous appliquons sur notre peau pénètre dans notre organisme. Éviter le contact avec la fumée de cigarette. Utiliser des produits d’entretien biologique, de même que les produits de jardinage. Si on a le choix, préférer le parquet à la moquette …

Autres techniques naturelles

Les bains dérivatifs (méthode France Guillain) peuvent faire baisser la température du corps et favoriser la perte de poids. 

Les plantes adaptogènes aideront l’organisme à s’adapter au stress. Le magnésium régulera l’influx nerveux et permettre la détente.

Si l’alimentation est déficitaire en oméga-3, ne pas hésiter à se supplémenter en huile de krill par exemple.

Une détox du foie peut s’avérer intéressante, en effet le foie est chargé de l’élimination des hormones, entre autres fonctions.

Prendre soin de ses intestins, notamment du microbiote. De fait les œstrogènes modifient l’actions des bactéries intestinales, qui à l’heure tour impactent l’efficacité des œstrogènes.

En conclusion

Il n’y a pas de fatalité. Certes l’avancée en âge avec son cortège de « joyeusetés » n’est pas toujours facile à gérer. En revanche nous avons le choix par nos modifications d’hygiène de vie d’éviter ou de diminuer un certain nombre de symptômes et ainsi de vivre mieux notre quotidien. Soyons acteur de notre santé, elle nous le rendra bien.

En aucun cas les informations et les conseils proposés ici ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé