Le SIBO une pathologie pas toujours aisée à identifier

Le SIBO une pathologie pas toujours aisée à identifier

Le SIBO, c’est quoi ?

Le SIBO ou small intestinal bacterial overgrowth est une maladie qui n’est pas toujours facile à identifier. En effet, de nombreux signes cliniques sont communs avec d’autres pathologies telles que le syndrome du côlon irritable, la maladie cœliaques ou autres intolérances alimentaires. Le SIBO indique un déséquilibre du microbiote intestinal https://laurenceguillon-naturo.com/mon-microbiote-et-moi-2/ avec prolifération bactérienne. Lorsque la prolifération est de nature fongique, on l’appelle SIFO ou small intestinal fungic overgrowth. 

Ces bactéries, ou champignons, qui sont des micro-organismes bénéfiques, devraient normalement se trouver dans le côlon et ne pas excéder une certaine quantité. Or, dans le cas d’un SIBO ou d’un SIFO elles sont en quantité excessive dans l’intestin grêle où elles ne devraient pas être. Elles entrainent ainsi de nombreux troubles digestifs particulièrement invalidants et inconfortables. Ces inconforts sont dus à des fermentations qui ont lieu dans l’intestin. Ils provoquent une production d’hydrogène et de méthane et conduisent à des ballonnements, gaz, éructations, douleurs abdominales … 

Ces fermentations devraient normalement se produire au niveau du côlon et ne pas occasionner de tels troubles. 

Comment est-ce possible ?

Une carence en acide dans l’estomac

Il existe différentes causes à cette prolifération bactérienne dans l’intestin grêle. Un estomac qui fonctionne normalement a un pH acide. Celui-ci doit normalement se situer entre 1 et 3. 

Lorsque l’estomac est en déficit d’acide gastrique, le bol alimentaire n’est pas suffisamment stérilisé et les bactéries sont moins bien éliminées. On parle alors d’hypochlorhydrie.

Différents facteurs peuvent être à l’origine de ce phénomène :

Une prise excessive d’IPP, médicaments antiacides utilisés en cas de reflux gastrique ou RGO. 

La présence possible d’Hélicobactère Pylori, bactérie à l’origine d’ulcères qui se situe dans l’estomac et neutralise les sucs gastriques. 

Un stress chronique qui conduit à une surproduction de cortisol, pouvant amener à l’hypothyroïdie, qui elle-même favorisera l’hypochlorhydrie dans l’estomac https://laurenceguillon-naturo.com/le-stress-et-ses-repercussions-sur-lorganisme/.

En dehors des IPP, d’autres médicaments dont les antibiotiques et les antidépresseurs favorisent le déficit d’acide gastrique. 

Enfin certains troubles alimentaires, les excès de tabac, https://laurenceguillon-naturo.com/besoin-daide-pour-arreter-de-fumer/, d’alcool, d’épices ou encore de café ont des impacts sur le pH de l’estomac.

Des anomalies physiologiques

Les causes peuvent être anatomiques :

Il peut y avoir des sténoses ou des diverticules au niveau de l’intestin grêle ou encore une altération de la valve iléo-cæcale. Cette valve se situe au carrefour de l’intestin et du côlon. Elle sert de barrière pour empêcher les bactéries du côlon de contaminer l’intestin grêle.

Des troubles de la motilité intestinale occasionnées par différents facteurs, grignotages excessifs, hypothyroïdie https://laurenceguillon-naturo.com/lhypothyroidie-cest-quoi/, pancréatite chronique, diabète https://laurenceguillon-naturo.com/diabete-et-naturopathie/ ou encore une alimentation inadaptée favorisent aussi cette prolifération bactérienne.

Le syndrome de l’intestin irritable, causé parfois par une utilisation excessive de FODMAPS (ou glucides fermentescibles), peut en être à l’origine. 

Il arrive qu’une gastroentérite d’origine virale soit à l’origine d’un SIBO.

Parfois aussi, il peut y avoir un déficit enzymatique en cause.

Enfin le dysfonctionnement de certains organes comme le pancréas ou le foie, peut conduire à un SIBO.

Des symptômes analogues à d’autres pathologies digestives

Les symptômes ressemblent fort à d’autres pathologies intestinales comme le syndrome du côlon irritable https://laurenceguillon-naturo.com/lhyperpermeabilite-intestinale/, la maladie cœliaque, l’intolérance au lactose ou encore la candidose https://laurenceguillon-naturo.com/la-candidose/. Le naturopathe aura donc la tâche d’identifier le SIBO à l’aide de la clinique et d’un questionnaire poussé.

Les principaux symptômes sont des ballonnements, gaz, flatulences, douleurs abdominales, spasmes, nausées, crampes, alternance diarrhées et constipation, fatigue chronique. Ils apparaissent en général 1 à 2 heures après le repas. Dans un second temps, peuvent apparaitre des pertes de poids, des douleurs articulaires, de la dépression, de l’anxiété et des problèmes de peau.

Des complications sérieuses

Le SIBO altère petit à petit la muqueuse intestinale. Ce qui conduit à l’inflammation et possiblement à des maladies auto-immunes. La porosité de la muqueuse entraine une mauvaise absorption et produit des carences importantes en micronutriments. Ceci a comme conséquence de fragiliser encore plus l’immunité du malade. On observe surtout des carences en vitamines A, D, E, K et B12. La pénurie de vitamine B12 est dû à l’absorption de cette dernière par les bactéries avant même que les cellules ne puissent l’absorber. Ce phénomène occasionne de l’anémie, de la fatigue, des problèmes cognitifs ou encore à la dépression. On remarque aussi dans les cas de SIBO des carences en minéraux, calcium, zinc, sélénium, magnésium … ou en acides gras essentiels, acides aminés et glucides. 

Confirmer un SIBO en dehors de la clinique

La clinique n’est pas toujours significative comme vous avez pu le constater. On a donc recours à des tests respiratoires pour corroborer les observations. Le patient absorbe des doses de lactulose, de glucose ou autres glucides simples. Ces substances non absorbées par l’intestin et le côlon, sont fermentées par les bactéries intestinales et expulsées sous forme de gaz au travers des flatulences et pour une plus petite partie par les poumons. C’est ainsi qu’on va pouvoir observer les concentrations en méthane, hydrogène, méthylacétate ou encore hydrogène sulfureux expirés suite à cette ingestion. 

Malheureusement on observe beaucoup de faux négatifs et faux positifs, ce qui rend le diagnostic encore plus compliqué.

Pour encore mieux comprendre cette pathologie, je vous conseille les vidéos de Dora Moutot qui partage avec humour et pédagogie son expérience du SIBO. https://www.youtube.com/watch?v=Gjsga5DlOZY

Que peut-on apporter comme réponses naturelles au SIBO

Vous avez pu le constater, les causes sont multiples. Les solutions le seront donc aussi. L’échange avec le consultant sera déterminant pour orienter au mieux les choix.

Modifier son alimentation

Il est en premier lieu indispensable de modifier l’alimentation en supprimant notamment lactose et sucres https://laurenceguillon-naturo.com/limpact-du-sucre-sur-lorganisme/ . On évitera également tout aliment susceptible d’occasionner des inconforts comme les légumineuses, les crudités ou les céréales complètes.

Le régime FODMAPS se révèle souvent intéressant. Les FODMAPS sont des sucres classés en plusieurs familles, les fermentescibles, les oligosaccharides, les disaccharides, les monosaccharides et les polyols.  Ce régime consiste à éliminer totalement l’ensemble de ces aliments pendant une période restreinte, au maximum 2 mois pour éviter des carences. On réintroduit ensuite les aliments au compte-goutte et par famille, tout en observant ce qui se passe au niveau du confort digestif. Il se peut qu’une seule famille soit à l’origine de l’inconfort digestif. Ce régime ne doit en aucun cas être pratiqué sur le long terme car nos bactéries ne sont plus nourries par les fibres et notre microbiote risque d’être sérieusement appauvri avec toutes les conséquences que cela entraine.

Diminuer les boissons gazeuses et les aliments acides est évidemment nécessaire.

Parfois des monodiètes ou même des jeûnes accompagnés sont utiles afin de mettre à mal les bactéries qui ne sont plus alimentées.

Prendre le temps de mâcher

La mastication est essentielle et diminue les symptômes. Pour rappel des enzymes digestives se trouvent dans la bouche pour commencer à découper les aliments et ainsi faciliter le travail de l’estomac et des intestins.

Stimuler le péristaltisme

Pour redonner une bonne motricité à l’estomac et à l’intestin, deux neurotransmetteurs ont un rôle à jouer dans ce mécanisme. La sérotonine située dans les cellules endocrines intestinales et l’acétylcholine au travers du nerf vague. Ils sont chargés de déclencher le reflexe du péristaltisme. En cas de carence, on peut ainsi conseiller du griffonia, précurseur de sérotonine, du safran inhibiteur de la recapture de la sérotonine et du gingembre modulateur de la sérotonine. Le gingembre a par ailleurs des propriétés anti-inflammatoires, digestives et carminatives, c’est-à-dire qu’il facilite l’expulsion des gaz intestinaux. Il est donc particulièrement indiqué dans le traitement du SIBO. L’acétylcholine, quant à elle sera apportée au travers des vitamines B9 et B12. On trouve de la choline dans le jaune d’œuf cru, les crucifères, le soja, les germes de blé, la viande, le foie et les céréales.

Combler les carences

En cas de déficience en micro-nutriments, des compléments alimentaires à base de vitamines, minéraux et oligo-éléments sont proposés.

Favoriser la digestion

L’utilisation de plantes gastro-stimulantes et stomachiques comme la menthe poivrée, la mélisse, la gentiane, le fenouil ou encore le carvi peut apporter une aide apréciable dans le traitement du SIBO. 

Le romarin et la fumeterre facilitent la digestion et la fonction hépatique.

La berbérine, substance naturelle issue de différentes plantes est très efficace pour ses propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires. Elle aide aussi à diminuer le taux de sucres dans le sang.

Apporter des enzymes

Des complexes d’enzymes végétales peuvent être apportés aux repas en cas de déficience.

La bromélaïne est une aide précieuse pour les personnes en manque d’enzymes digestives. Elle possède entre autres, des propriétés digestives et des vertus anti-inflammatoires.

Les huiles essentielles

Pour agir contre les bactéries pathogènes, les huiles essentielles de thym à linalol, de cannelle de Ceylan, de sarriette des montagnes ou d’origan compact sont efficaces. L’ail, antibactérien naturel peut être ajouté à l’alimentation pour ses vertus antibactériennes. 

Gérer le stress

Cette pathologie génère souvent du stress, lui-même inflammatoire. Il est donc essentiel de surveiller de près son niveau de stress et de tout mettre en place pour le diminuer avec par exemple des plantes adaptogènes comme la rhodiole, l’éleuthérocoque ou le shisandra.

Et bien sûr, réparer la muqueuse intestinale

Il est effectivement indispensable de procéder à la réparation de la muqueuse intestinale enflammée à l’aide de plantes anti-inflammatoires comme la réglisse, associée à de la mélisse, du curcuma et à de la glutamine.

Pour conclure

Le SIBO est une pathologie complexe, pas forcément simple à détecter. Il est donc plus que nécessaire de bien évaluer les causes et d’adapter les traitements afin de tout mettre en œuvre pour apporter du réconfort et un mieux-être au malade. La naturopathie est susceptible d’apporter des réponses naturelles adaptées.